Une “pluie de sucre” venue de l’espace aurait pu contribuer à l’apparition de la vie sur Terre
Une équipe de chercheurs est parvenue à identifier un type de sucre appelé érythrulose dans un nuage de gaz situé près du centre de la Voie lactée. Cette découverte renforce l’hypothèse que des sucres essentiels à l’apparition de la vie ont pu parvenir sur Terre depuis les profondeurs de l’espace..
Des chercheurs ont découvert que jusqu’à 50 millions de tonnes d’un type de sucre appelé érythrulose auraient pu tomber sur Terre il y a environ quatre milliards d’années, selon une étude publiée le 13 juillet 2020 dans la revue Nature Astronomy. Cette découverte suggère que des sucres essentiels à la vie auraient pu être apportés par l’espace. L’érythrulose est un sucre simple composé de quatre atomes de carbone. Sur Terre, il est utilisé dans les crèmes autobronzantes et se trouve naturellement dans des fruits comme les framboises. Les scientifiques estiment que cette molécule s’est probablement formée dans des nuages de gaz interstellaire, à la surface de grains de poussière cosmique, lorsque des molécules d’alcool et d’aldéhyde se sont combinées. Les nuages moléculaires sont des régions de l’espace où se forment des étoiles et des planètes, et où des molécules complexes peuvent émerger.
Les sucres jouent un rôle central dans les processus biologiques, notamment dans le métabolisme et la structure de l’ADN et de l’ARN, des molécules essentielles à la vie. L’ADN (acide désoxyribonucléique) et l’ARN (acide ribonucléique) sont les supports de l’information génétique chez tous les êtres vivants. Malgré leur importance, les scientifiques ignorent encore comment les premiers sucres sont apparus sur Terre. La découverte d’érythrulose dans l’espace renforce l’hypothèse selon laquelle ces molécules auraient pu être apportées par des météorites ou des comètes lors du bombardement intense que la Terre a subi il y a des milliards d’années. Cette idée s’inscrit dans la théorie de la panspermie, qui suggère que les éléments nécessaires à la vie pourraient voyager à travers l’espace et ensemencer des planètes.
L’équipe de chercheurs, dirigée par le Centro de Astrobiologia en Espagne, a identifié l’érythrulose dans un nuage moléculaire situé près du centre de la Voie lactée, notre galaxie. Ce nuage, capturé par le télescope spatial Spitzer en 2006, est une région riche en gaz et en poussière où se forment des étoiles. Les scientifiques pensent que des molécules comme l’érythrulose pourraient être présentes dans d’autres régions de la galaxie, voire dans d’autres systèmes solaires. Cette découverte ouvre la possibilité que d’autres sucres, comme le ribose (un sucre entrant dans la composition de l’ARN), existent également dans l’espace. Le ribose est un sucre à cinq atomes de carbone, essentiel à la structure de l’ARN, qui joue un rôle clé dans la synthèse des protéines et la transmission de l’information génétique.
Carlos Briones, coauteur de l’étude, souligne que la détection d’érythrulose dans l’espace rend plausible la présence d’autres sucres et molécules nécessaires à la vie dans des régions éloignées de l’Univers. Cette découverte renforce l’idée que les ingrédients de la vie pourraient être répandus dans la galaxie, augmentant ainsi les chances que la vie existe ailleurs. Les chercheurs estiment que ces molécules pourraient avoir été apportées sur d’autres planètes par des comètes ou des météorites, favorisant l’émergence de la vie. Cette hypothèse s’appuie sur des observations montrant que des molécules organiques complexes, comme les acides aminés, sont déjà présentes dans les nuages moléculaires et les disques protoplanétaires, où se forment les planètes.

