Le "soralisme", angle mort de la dédiabolisation
Des notes de Soral à sa bibliothèque, retour sur les racines du soralisme, son influence sur une partie de la jeunesse du RN et la persistance de ses ressorts antisémites, malgré la stratégie de dédiabolisation du parti..
Le soralisme désigne l'idéologie portée par Alain Soral, figure controversée connue pour ses positions extrêmes et son antisémitisme marqué. Soral est le fondateur du mouvement Égalité et Réconciliation, un groupe qui mêle théories complotistes, rejet des élites et discours anti-juif. Son parcours est atypique : ancien membre du GUD (Groupe Union Défense, un mouvement d'extrême droite violent), il se présente aussi comme un ancien communiste, bien que ses idées actuelles s'éloignent radicalement de cette étiquette. Son influence s'est étendue via des plateformes comme YouTube, où ses vidéos ont touché une partie de la jeunesse du Rassemblement National (RN), un parti d'extrême droite français. Soral a été condamné en 2023 pour avoir qualifié les Juifs de « parasites pervers prédateurs satanistes », des propos qui illustrent la radicalité de ses thèses.
La dédiabolisation désigne la stratégie adoptée par le Rassemblement National (RN) pour adoucir son image et se présenter comme un parti plus acceptable aux yeux de l'opinion publique. Cette approche vise à éloigner l'étiquette d'extrême droite associée au parti, notamment depuis ses origines liées au Front National (FN). Pour y parvenir, le RN a tenté de modérer son discours, en mettant en avant des thèmes comme la sécurité ou l'immigration, tout en évitant les références trop explicites à l'extrême droite historique. Cependant, selon l'article, cette stratégie semble avoir des limites : les liens persistants entre le RN et des figures comme Alain Soral montrent que certaines idées radicales continuent de circuler au sein du parti, malgré les efforts de modération.
Jordan Bardella, actuel président du Rassemblement National, est cité dans l'article comme ayant été influencé par les idées d'Alain Soral entre 2013 et 2015. Ces propos, révélés par Mediapart, suggèrent que Bardella aurait pu être exposé aux thèses soraliennes à une période clé de sa formation politique. Le RN, en pleine stratégie de dédiabolisation, a depuis pris ses distances avec Soral et ses idées, mais l'article souligne que cette influence passée pourrait expliquer certaines ambiguïtés persistantes dans le discours du parti. Bardella, aujourd'hui figure médiatique du RN, incarne cette tension entre une image modernisée et des racines idéologiques plus anciennes.
Les idées d'Alain Soral se propagent principalement via des plateformes en ligne, notamment YouTube, où ses vidéos atteignent un public jeune et souvent méfiant envers les médias traditionnels. Ces réseaux, bien que parfois confidentiels, permettent à des contenus antisémites et complotistes de circuler sans être filtrés par les grands médias. L'article mentionne aussi l'importance des carnets de notes et de la bibliothèque de Soral comme outils pour comprendre l'origine de ses théories. Ces documents révèlent une pensée structurée autour de thèmes récurrents : rejet des élites, théorie du complot juif, et opposition systématique aux institutions démocratiques.
L'antisémitisme est un pilier central de la pensée soralienne, comme en témoignent les propos tenus par Soral et ses condamnations judiciaires. Le terme *antisémite* désigne une hostilité envers les personnes de religion ou d'origine juive, souvent fondée sur des stéréotypes ou des théories complotistes. Dans le cas de Soral, ses déclarations qualifiant les Juifs de *« parasites pervers prédateurs satanistes »* illustrent un discours particulièrement violent et délirant. Malgré la stratégie de dédiabolisation du RN, ces idées continuent de circuler dans certains cercles, montrant que l'antisémitisme, bien que marginalisé dans le discours public, persiste sous des formes plus discrètes au sein de l'extrême droite.

