Quels partis ont voté pour réduire la dépendance à la voiture thermique ?
La crise des carburants s’éternise. Depuis le début de la guerre en Iran, en février, l’essence sans plomb 95 est passée, en moyenne, d’un peu plus de 1,70 euros à plus de 2,2 euros le litre en France.
Depuis février 2026, la guerre en Iran a provoqué une hausse historique des prix des carburants en France. L’essence sans plomb 95 est passée de 1,70 € à plus de 2,20 € le litre, un niveau bien supérieur à celui de la crise des Gilets jaunes en 2018 (1,48 € le litre). Cette situation illustre la forte dépendance du pays aux voitures thermiques, essence ou diesel, qui représentent encore 93 % du parc automobile français en 2025. Le secteur des transports est le premier émetteur de gaz à effet de serre dans le pays, avec 34 % des émissions nationales. Cette dépendance s’explique en partie par des choix politiques passés, comme les incitations fiscales pour les véhicules polluants ou le manque d’investissements dans les alternatives comme les transports collectifs ou le vélo.
À l’Assemblée nationale, les votes sur la réduction de la dépendance à la voiture thermique révèlent un clivage marqué entre les groupes politiques. Depuis juillet 2022, 135 votes ont été analysés. Les partis de gauche (LFI, écologistes, communistes, socialistes) ont voté à 79-86 % en faveur de mesures pour sortir de la dépendance à la voiture thermique. À l’inverse, le groupe macroniste (EPR) n’a voté favorablement que dans 43 % des cas, tandis que le Rassemblement national (RN) n’a soutenu ces mesures qu’à 9 %. Ce contraste montre une opposition forte entre une gauche favorable à la transition écologique et une droite ou extrême droite plus réticente, voire opposée, à ces politiques.
Face à la hausse des prix, plusieurs solutions ont été proposées par les partis politiques. Le RN et certains autres groupes défendent une baisse de la TVA sur les carburants à 5,5 %, une mesure qui bénéficierait surtout aux ménages aisés, déjà gros consommateurs. Cette proposition pose problème car elle n’incite pas à réduire la consommation et pourrait être incompatible avec le droit européen, qui prévoit la suppression des taux réduits pour les énergies fossiles d’ici 2030. D’autres partis, comme LFI et les communistes, proposent de bloquer temporairement les prix à la pompe ou de plafonner les marges des raffineurs. Ces mesures, bien que ciblées sur les ménages précaires, pourraient aussi désinciter à la transition vers des véhicules moins polluants.
Le malus écologique et le malus au poids sont deux taxes visant à décourager l’achat de véhicules polluants ou lourds. Le malus écologique s’applique aux voitures émettant plus de 108 g de CO₂/km, tandis que le malus au poids cible les véhicules de plus de 1,5 tonne. Ces dispositifs restent peu contraignants : en 2025, 50 % des véhicules vendus n’étaient soumis à aucun malus et 82 % à un malus inférieur à 500 €. Le RN, les Républicains (LR) et leur allié UDR ont systématiquement combattu le durcissement de ces taxes, y compris pour les véhicules hybrides rechargeables, dont les émissions réelles sont cinq fois supérieures aux chiffres officiels. Ces groupes ont aussi proposé de supprimer ces malus, sans succès.
L’électrification des véhicules est une solution majeure pour réduire la dépendance à la voiture thermique, bien que ce ne soit pas une solution parfaite. Les scénarios scientifiques, français et internationaux, s’accordent sur son importance pour atteindre les objectifs climatiques. La voiture électrique est aussi plus économique : rouler 100 km coûte environ 2,50 € en électrique contre 12 € en thermique. Pourtant, certains partis s’opposent à des mesures favorisant cette transition. Par exemple, le RN, UDR et LR ont voté contre l’interdiction des voitures thermiques neuves en 2035, alignée sur l’objectif européen. De même, le prolongement du crédit d’impôt pour l’installation de bornes de recharge électriques n’a été soutenu que par les Socialistes et UDR, malgré son rôle clé dans le développement de l’électromobilité.
Certaines propositions visent à aider les ménages les plus touchés par la hausse des prix sans encourager la consommation de carburants fossiles. Par exemple, des amendements ont été déposés pour soutenir les travailleurs en Corse, à Mayotte, ou les associations d’aide alimentaire, ainsi que les pompiers. Ces mesures, soutenues par plusieurs groupes politiques, s’apparentent à des aides sociales ciblées plutôt qu’à des subventions aux énergies fossiles. Elles ont été exclues de l’analyse quantitative car elles ne relèvent pas directement de la politique de réduction de la dépendance à la voiture thermique. Leur objectif est de limiter l’impact social de la crise sans renforcer la dépendance aux carburants.

