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Courir 911 kilomètres pour les premiers répondants

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 23 j

Louis Marois veut sensibiliser la population aux défis en santé mentale des premiers répondants..

Défi d'endurance extrême

Louis Marois, ambulancier paramédical de 54 ans et coureur d'endurance expérimenté, s'est lancé un défi physique et mental hors du commun : parcourir 911 kilomètres en 11 jours dans le parc national d'Oka, au Québec. Cette distance équivaut à une moyenne de 84 kilomètres par jour, un rythme soutenu qui demande une préparation rigoureuse. Marois a déjà participé à des courses mythiques comme la Diagonale des Fous (180 km à La Réunion) ou l'Ultra-Trail de Madère (115 km avec 6 850 mètres de dénivelé positif), mais ce défi est unique car il l'a conçu lui-même. Son objectif n'est pas seulement sportif : il souhaite sensibiliser la population aux enjeux de santé mentale des premiers répondants, ces professionnels qui interviennent en urgence comme les ambulanciers, pompiers ou policiers.

Contexte symbolique

Le défi de Louis Marois débutera le 11 septembre 2026, soit 25 ans jour pour jour après les attentats du 11 septembre 2001. Ce choix n'est pas anodin : les attentats ont marqué un tournant dans la reconnaissance des traumatismes subis par les premiers répondants, qui interviennent souvent dans des situations de détresse extrême. Marois, qui travaille comme ambulancier depuis 30 ans, a lui-même dû faire face à des difficultés psychologiques liées à son métier. En 2018, il a séjourné quatre semaines à La Vigile, une maison de ressource spécialisée dans le bien-être des premiers répondants, située près de Québec. Ce séjour lui a permis de prendre conscience de l'importance de la santé mentale dans ce milieu.

Santé mentale des intervenants

Le métier de premier répondant expose à des situations de stress intense et répétées, pouvant entraîner des traumatismes psychologiques. Louis Marois évoque le syndrome de fatigue de compassion, un concept qui décrit l'épuisement émotionnel ressenti lorsque l'on absorbe la souffrance des autres sur le long terme. Par exemple, un ambulancier peut être témoin de drames familiaux ou de décès d'enfants, des images qui marquent durablement. Marois explique que les formations initiales ne préparent pas suffisamment à la réalité des interventions, où la détresse est bien plus intense que dans les simulations. Ces expériences répétées peuvent fragiliser la santé mentale, d'où l'importance de structures comme La Vigile, qui offrent un soutien psychologique adapté.

Rôle de La Vigile

La Vigile est une ressource spécialisée dans la prise en charge des premiers répondants en difficulté psychologique. Fondée dans la région de Québec, cette maison propose des ateliers et des suivis individuels pour aider les intervenants à gérer leur stress et leurs traumatismes. Louis Marois y a participé en 2018 et y a rencontré d'autres professionnels (pompiers, policiers) partageant des expériences similaires. Ces échanges lui ont permis de mieux comprendre ses propres limites et de rompre avec l'image du guerrier infatigable, une identité qu'il avait construite au fil de sa carrière. Aujourd'hui, il milite pour une meilleure reconnaissance des besoins en santé mentale dans ce milieu.

Objectifs du Défi 911

Le Défi 911 lancé par Louis Marois poursuit deux objectifs principaux : amasser des fonds pour soutenir les ressources d'aide comme La Vigile et sensibiliser le public à la réalité des premiers répondants. Le chiffre 911, symbole des appels d'urgence aux États-Unis et au Canada, rappelle l'urgence de la cause. Marois invite le public à participer en courant quelques kilomètres avec lui dans le parc d'Oka, en échange de dons. Il espère ainsi montrer que même les professionnels les plus expérimentés peuvent avoir besoin d'aide et que la société doit mieux soutenir ceux qui la protègent. Pour lui, ce défi est aussi une façon de rendre hommage à ses collègues et de leur offrir une visibilité qu'ils méritent.

Ce que ça pourrait changer

Malgré l'importance de leur travail, les premiers répondants disposent de peu de ressources pour faire face aux traumatismes accumulés. Louis Marois souligne que les besoins en santé mentale dans ce milieu sont de plus en plus pressants, notamment en raison de l'augmentation des cas de détresse psychologique. Il insiste sur la nécessité de structures comme *La Vigile*, qui sont encore trop rares et sous-financées. Son défi vise aussi à montrer que ces professionnels, souvent perçus comme des héros infaillibles, sont avant tout des êtres humains vulnérables. En partageant son expérience, Marois espère encourager une prise de conscience collective et un meilleur accompagnement pour ceux qui risquent leur vie pour sauver les autres.

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