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Trump annonce avoir obtenu un «contrôle permanent» sur la sécurité du Groenland

Le Devoir · mis à jour il y a 2 j

L’accord doit en particulier empêcher tout «adversaire» de Washington d’établir une présence militaire au Groenland..

Accord de sécurité Trump

Donald Trump a annoncé le 13 septembre 2024 avoir obtenu un accord garantissant aux États-Unis un contrôle permanent sur la sécurité du Groenland, un territoire autonome danois situé dans l’Arctique. Cet accord, qualifié de « durée de vie infinie » par le président américain, vise à empêcher tout « adversaire » de Washington d’y établir une présence militaire ou d’y réaliser des investissements sensibles sans autorisation. Le département d’État américain a précisé que cette mesure cible principalement la Chine et la Russie, deux pays dont la présence dans la région est perçue comme une menace stratégique. Selon un responsable anonyme du département, l’accord inclut des mécanismes pour bloquer toute tentative d’installation de bases militaires ou d’envoi de troupes par ces deux pays, ainsi que pour limiter les investissements dans des secteurs jugés critiques. Trump a également affirmé que cet accord n’engendrerait « aucun coût » pour les États-Unis, tout en annonçant le lancement immédiat d’un projet visant à renforcer la présence militaire américaine au Groenland. L’accord doit être signé la semaine suivante, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

Réactions internationales

L’annonce de cet accord a suscité des réactions variées parmi les acteurs concernés. Le Danemark, pays dont dépend le Groenland, a salué un texte « bon pour l’OTAN et l’Europe », soulignant son importance pour la sécurité collective. Le premier ministre du Groenland, territoire autonome mais toujours lié au Danemark, a pour sa part estimé que cet accord renforçait la sécurité de son territoire. De son côté, Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, a présenté ce compromis comme une solution répondant à toutes les préoccupations de sécurité nationale des États-Unis concernant le Groenland. Cet accord s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques accrues dans l’Arctique, une région riche en ressources naturelles et stratégique sur le plan militaire. Il intervient après des années de velléités américaines, dont les déclarations de Trump en 2019 évoquant même la possibilité d’une annexion pure et simple du Groenland, qui compte 57 000 habitants.

Contexte historique et enjeux

Le Groenland, territoire autonome danois depuis 1953, est au cœur d’une zone géopolitique hautement stratégique : l’Arctique. Depuis la Guerre froide, les États-Unis y disposent déjà d’une base militaire, Pituffik, située dans le nord du territoire. Un accord de défense signé en 1951, puis actualisé en 2004, permettait déjà aux États-Unis d’y déployer des installations militaires, sous réserve d’en informer les autorités locales. Cependant, les ambitions américaines se sont intensifiées ces dernières années, avec l’annonce en 2019 par Trump d’un intérêt pour un rattachement du Groenland aux États-Unis. Cette proposition avait provoqué une crise diplomatique, au point que Trump avait évoqué la possibilité « d’utiliser la force » pour s’emparer du territoire. La tension avait finalement diminué grâce à la création d’un groupe de travail associant le Danemark, le Groenland et les États-Unis, qui a abouti à l’accord actuel. Les États-Unis prévoient désormais d’ouvrir trois nouvelles bases militaires dans le sud du Groenland, en plus de Pituffik.

Ce que ça pourrait changer

L’annonce de cet accord a également mis en lumière les tensions au sein de l’OTAN, alliance militaire regroupant 32 pays dont les États-Unis, le Danemark et la plupart des membres européens. Historiquement, les États-Unis assuraient la protection militaire de l’Europe, mais les déclarations de Trump ont semé l’inquiétude chez ses alliés européens, qui craignent désormais une remise en cause de cet engagement. Le Groenland, situé à proximité de l’Europe, est une zone clé pour la défense de l’Atlantique Nord. L’accord signé avec le Danemark et le Groenland est présenté comme une réponse aux préoccupations de sécurité des États-Unis, mais il soulève des questions sur l’autonomie des décisions européennes en matière de défense. Le Danemark, membre de l’OTAN, a cependant salué cet accord, le qualifiant de bénéfique pour la sécurité collective. Cet épisode illustre les défis actuels de l’OTAN, entre la nécessité de renforcer la défense des membres et les tensions internes sur la répartition des rôles et des responsabilités.

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