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Généraliste

Le Canada n’atteindrait même pas en 2050 sa cible pour 2030 de réduction des émissions de GES

Le Devoir · mis à jour il y a 9 j

Les reculs du gouvernement Carney ont fait prendre plus de 20 ans de retard en la matière au pays, selon une analyse..

Objectif climatique du Canada

En 2015, dans le cadre de l’Accord de Paris, le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 30 % d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 2005. Les GES sont des gaz comme le CO₂ qui contribuent au réchauffement climatique. En 2021, le gouvernement de Justin Trudeau a relevé cet objectif à une fourchette de 40 % à 45 % pour 2030 et fixé un nouveau cap : atteindre la carboneutralité d’ici 2050. La carboneutralité signifie que les émissions résiduelles de GES sont compensées par des absorptions naturelles (forêts, océans) ou technologiques (captage de CO₂). En 2025, le premier ministre Mark Carney a confirmé que le Canada maintenait ces objectifs, mais des reculs dans les politiques climatiques ont été observés.

Retard de 20 ans

Une étude publiée en septembre 2026 par l’Institut climatique du Canada révèle que le pays est en retard de plus de 20 ans dans la réduction de ses émissions. Selon cette analyse, le Canada pourrait atteindre son objectif de 2030… mais seulement en 2050. L’institut souligne que les politiques fédérales récentes, comme l’abolition de la taxe carbone pour les consommateurs en mars 2025 ou l’affaiblissement du système de tarification du carbone pour l’industrie, ont aggravé ce retard. La taxe carbone est un mécanisme qui impose un prix aux émissions de CO₂ pour inciter à réduire la pollution. Le rapport indique aussi que le Canada, qui avait réduit ses émissions de seulement 10,3 % entre 2005 et 2026, reste le pire élève du G7 en matière de lutte contre le changement climatique.

Mesures abandonnées ou reportées

Le gouvernement de Mark Carney a pris plusieurs décisions qui ont affaibli les politiques climatiques. Il a supprimé la taxe carbone pour les particuliers dès son arrivée au pouvoir en 2025, tout en promettant un renforcement pour les industries. En mai 2025, un accord avec l’Alberta (une province canadienne) a été critiqué pour avoir affaibli le système de tarification du carbone, impactant d’autres régions. D’autres mesures ont été abandonnées ou retardées, comme l’obligation de vendre des véhicules électriques (reportée), le projet de plafond d’émissions pour le secteur pétrolier et gazier, ou encore la réglementation sur le méthane (un gaz à fort pouvoir réchauffant) en Alberta. Le méthane est un GES 28 fois plus puissant que le CO₂ sur 100 ans. Aucune politique concrète n’a encore été associée à la Stratégie nationale d’électrification annoncée en 2025.

Émissions en hausse et objectifs inatteignables

Mark Carney a reconnu en juin 2026 que les émissions du Canada seraient plus élevées que prévu dans les années à venir. Selon les dernières données gouvernementales, le pays n’a réduit ses GES que de 78 millions de tonnes entre 2005 et 2026, soit une baisse de 10,3 %. Pour atteindre l’objectif de 2030, le Canada doit encore réduire ses émissions de l’équivalent de 102 millions de véhicules à essence. L’Institut climatique du Canada estime que, même en 2050, le pays ne parviendrait qu’à atteindre son objectif de 2030, sans garantir la carboneutralité. Le président de l’institut, Rick Smith, a souligné que des mesures significatives et concrètes étaient nécessaires pour inverser cette tendance, mais que rien n’était encore en place.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces critiques, le gouvernement canadien a réaffirmé son engagement à atteindre la carboneutralité d’ici 2050. Dans un communiqué, la ministre de l’Environnement, Julie Dabrusin, a évoqué une *approche pragmatique et durable*, basée sur des projets d’*énergie propre*, l’électrification des transports et des investissements dans une *économie à faibles émissions*. Parmi les mesures citées figurent la construction d’une ligne de transport d’électricité sur la côte nord, censée réduire les émissions de 3 millions de tonnes par an, et le doublement du réseau électrique canadien. Ottawa promet aussi de rénover un million de logements pour améliorer leur efficacité énergétique. Cependant, aucune politique détaillée n’a encore été publiée pour concrétiser ces annonces.

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