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Les États-Unis surveillent le Canada à la recherche de signes d’ingérence électorale

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 5 h

Pete Hoekstra a dit que les autorités américaines « surveill[ai]ent » les responsables politiques canadiens..

Surveillance américaine

L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, a annoncé que son pays surveillait de près les responsables politiques canadiens pour détecter d’éventuelles tentatives d’ingérence dans les élections américaines de mi-mandat prévues le 3 novembre 2026. Ces élections concernent l’ensemble des sièges de la Chambre des représentants (435) et un tiers des sièges du Sénat (33 ou 34 selon les États). Les républicains, actuellement majoritaires dans les deux chambres, pourraient perdre leur avantage selon les sondages. Cette surveillance vise à identifier des actions canadiennes perçues comme des interférences dans le processus électoral américain, comme des déclarations publiques ou des mesures économiques jugées partisanes.

Exemple d'ingérence alléguée

Pete Hoekstra a cité comme exemple potentiel d’ingérence une campagne publicitaire diffusée par la province de l’Ontario en 2025, pendant la Série mondiale de baseball. Cette publicité reprenait des extraits d’un discours de l’ancien président américain Ronald Reagan, critique envers les droits de douane et favorable au libre-échange. Les autorités américaines y ont vu une tentative d’influencer l’opinion publique américaine en pleine période de tensions commerciales entre les deux pays. En octobre 2025, le président Donald Trump avait d’ailleurs mis fin aux négociations commerciales avec le Canada après cette campagne, accusant Ottawa de saper ses positions.

Réactions canadiennes

La ministre canadienne de l’Industrie, Mélanie Joly, a rejeté catégoriquement toute accusation d’ingérence électorale, affirmant que le Canada ne s’y livrerait jamais et n’accepterait pas d’en être victime. Elle a précisé s’être rendue aux États-Unis ces derniers mois pour rencontrer des représentants des deux grands partis américains, démocrates et républicains, dans le but de promouvoir des investissements étrangers au Canada. Elle a souligné que sa stratégie consistait à attirer des entreprises américaines, sans lien avec des enjeux politiques. Justin Trudeau, ancien premier ministre, a également critiqué l’administration Trump lors d’un débat à l’Université Brown le 22 septembre 2026, évoquant les tensions commerciales comme un désavantage pour les consommateurs des deux pays.

Tensions commerciales récentes

Les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis se sont tendues en août 2026, lorsque le premier ministre Mark Carney a ordonné la suspension des négociations commerciales avec Washington. Cette décision faisait suite à des exigences américaines jugées déraisonnables par Ottawa. Parallèlement, Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur canadien, a plaidé en faveur d’un commerce sans droits de douane dans le secteur automobile lors d’une intervention sur CNN le 12 octobre 2026. Il a rappelé que les relations entre les deux pays, fortes depuis 200 ans, dépassaient les différends ponctuels, tout en reconnaissant l’existence de griefs historiques.

Ce que ça pourrait changer

Les élections de mi-mandat américaines de **2026** sont cruciales pour le président républicain Donald Trump, dont le parti pourrait perdre sa majorité au Congrès. Les républicains détiennent actuellement la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat, mais les sondages indiquent un possible basculement en faveur des démocrates. Dans ce contexte, toute action perçue comme une ingérence étrangère, même mineure, pourrait être exploitée politiquement. Pete Hoekstra a prévenu que les États-Unis réagiraient si des actions canadiennes étaient jugées interférentes, sans préciser les mesures envisagées.

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