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Sanctions contre l’Iran : la Turquie dans le viseur de Washington

France Culture - Savoirs · mis à jour 29 sept.

Donald Trump veut asphyxier davantage l’économie iranienne. Depuis fin août, Washington multiplie les sanctions contre les entreprises et banques qui entretiennent des liens avec Téhéran.

Nouvelle stratégie américaine

Depuis fin août 2026, les États-Unis, dirigés par Donald Trump, renforcent leur pression économique sur l’Iran en multipliant les sanctions. L’objectif est d’isoler davantage l’économie iranienne en ciblant les entreprises et banques étrangères qui entretiennent des liens financiers avec Téhéran. Cette campagne, baptisée « Economic Outcast », a été lancée le 24 août 2026 par le Trésor américain. Elle menace de sanctions secondaires les institutions financières étrangères qui continuent à travailler avec l’Iran. Le 8 septembre 2026, les compagnies aériennes iraniennes ont également été visées par ces mesures. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a salué les premiers résultats de cette stratégie le 27 septembre 2026.

Banques turques sanctionnées

La Turquie, alliée des États-Unis au sein de l’OTAN, est désormais touchée par ces sanctions. Le 4 septembre 2026, la banque turque Golden Global a été placée sous sanctions américaines. Washington l’accuse d’avoir facilité des transferts de fonds pour le compte des Gardiens de la révolution iraniens, une branche militaire du régime iranien. Ces fonds provenaient de ventes de pétrole à la Chine et ont été convertis en or en Turquie. Le 19 septembre 2026, sous la pression américaine, Ankara a révoqué la licence de la banque iranienne Mellat, déjà sous sanctions occidentales et soupçonnée de liens avec les milices du régime iranien. L’ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, a précisé que ces mesures ne visaient pas l’ensemble du système financier turc.

Impact sur les transports

Les sanctions américaines affectent également le transport aérien entre la Turquie et l’Iran. Depuis une semaine, les vols de la compagnie privée iranienne Mahan Air sont suspendus par les autorités turques. Trois sociétés turques de services au sol travaillant avec cette compagnie sont désormais ciblées par les sanctions américaines. Par ailleurs, les principales compagnies aériennes turques (Turkish Airlines, Pegasus et AJet) ont décidé de suspendre leurs liaisons avec l’Iran jusqu’en mars 2027. Ces compagnies, qui exploitent des appareils Boeing et Airbus, craignent des représailles américaines. Seules Iran Air et quelques petites compagnies iraniennes maintiennent une liaison quotidienne entre Istanbul et Téhéran.

Ce que ça pourrait changer

Pour l’instant, les conséquences économiques des sanctions restent limitées pour la Turquie. Le principal risque concerne son approvisionnement en gaz naturel, l’Iran représentant environ 13 % des importations turques dans ce domaine. Ce secteur n’est cependant pas encore visé par les sanctions américaines. Ces premières mesures marquent un tournant pour Ankara, qui pensait pouvoir éviter les sanctions grâce à ses bonnes relations avec Donald Trump. La Turquie tente depuis plusieurs années de maintenir un équilibre entre ses partenaires occidentaux et les puissances régionales, comme la Russie, dont elle n’a pas appliqué les sanctions. Malgré les nouvelles pressions américaines, la Turquie reste un partenaire économique clé pour l’Iran : elle est son troisième fournisseur et son quatrième débouché pour les exportations. La frontière terrestre entre les deux pays est devenue stratégique pour Téhéran, en raison des perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et des restrictions aériennes.

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