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Géopolitique

En Colombie, des enfants croisent un hippopotame d’Escobar sur le chemin de l’école

Courrier International · mis à jour 6 oct.

Quarante ans après leur introduction dans le pays par le célèbre narcotrafiquant, les hippopotames demeurent un problème majeur. À Puerto Nare, la présence de l’un de ces animaux inquiète particulièrement les enfants qui traversent chaque jour le fleuve pour aller à l’école..

Origine des hippopotames

Dans les années 1980, le narcotrafiquant Pablo Escobar a importé quatre hippopotames pour son zoo privé situé à la Hacienda Nápoles, en Colombie. À sa mort en 1993, ces animaux ont été abandonnés et se sont reproduits sans contrôle dans la nature. Aujourd’hui, leur population est estimée à 169 individus en 2022, avec une projection de près de 1 000 individus d’ici 2050 si aucune mesure n’est prise. Ces mammifères, originaires d’Afrique, ne disposent d’aucun prédateur naturel en Colombie, ce qui favorise leur prolifération incontrôlée. Leur présence est devenue un problème écologique majeur dans le pays.

Danger pour les enfants

À Puerto Nare, en Colombie, des enfants doivent traverser quotidiennement le fleuve Magdalena en bateau pour se rendre à l’école. Récemment, l’un d’eux, Luis, a croisé un hippopotame nommé Selmo lors de cette traversée, provoquant une vive inquiétude parmi les parents, dont Nancy Tabares. Les hippopotames sont des animaux territoriaux et agressifs, capables de blesser gravement ou de tuer. En Colombie, trois à cinq incidents impliquant ces animaux ont déjà été recensés, contre près de 500 morts par an en Afrique, leur continent d’origine. Les autorités locales ont été alertées par un juge, qui a ordonné en septembre 2026 aux responsables environnementaux de prendre des mesures avant fin octobre pour protéger les enfants.

Impact écologique

Les hippopotames d’Escobar sont considérés comme une espèce envahissante, c’est-à-dire une espèce introduite dans un écosystème qui cause des déséquilibres. Sans prédateurs, ils ravagent la flore et la faune locales en consommant de grandes quantités de végétation et en modifiant les habitats aquatiques. Leur présence perturbe également les activités humaines, comme la pêche ou le transport fluvial. Les autorités colombiennes tentent depuis des années de contrôler leur population, mais les solutions comme la stérilisation ou le transfert dans des sanctuaires ont jusqu’à présent échoué, en partie à cause de l’opposition des défenseurs des animaux et des entrepreneurs touristiques qui en ont fait une attraction.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette *invasion biologique incontrôlée*, les gouvernements colombiens successifs ont proposé des solutions divergentes. L’ex-président **Gustavo Petro** avait envisagé un plan d’euthanasie partielle pour réduire la population, tandis que son successeur, **Abelardo de la Espriella**, a choisi de créer un sanctuaire. Cependant, ces mesures se heurtent à des résistances, notamment de la part des défenseurs de la cause animale et des acteurs du tourisme, qui y voient une menace pour leurs intérêts. Le biologiste **Germán Andrade** critique cette approche, qualifiée d’*éthique à la carte*, qui privilégie certains intérêts au détriment des communautés locales et de l’équilibre écologique. Les autorités régionales et nationales doivent désormais trouver une solution d’ici fin octobre 2026 pour protéger les habitants de Puerto Nare.

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