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GÉOPOLITIQUE

En Colombie, des enfants croisent un hippopotame d’Escobar sur le chemin de l’école

Source unique·6 oct.

Quarante ans après leur introduction par Pablo Escobar, les hippopotames, descendants de quatre spécimens échappés de sa propriété, sont devenus une menace pour les populations locales en Colombie. Leur prolifération incontrôlée, désormais estimée à près de 169 individus en 2022, illustre les conséquences imprévues d’une décision humaine et pose un dilemme éthique et écologique aux autorités colombiennes. À Puerto Nare, la présence d’un de ces animaux sur le trajet scolaire des enfants révèle l’urgence d’une gestion durable, entre impératifs de sécurité et débats sur leur statut d’espèce envahissante.

Comment les hippopotames de Pablo Escobar sont-ils devenus une menace en Colombie ?

Introduits dans les années 1980 pour orner le zoo personnel de Pablo Escobar à la Hacienda Nápoles, ces quatre individus ont été abandonnés après sa mort et se sont reproduits sans contrôle. Sans prédateurs naturels, leur population a explosé, passant à 169 individus en 2022, et devrait atteindre un millier d’ici 2050. Leur expansion menace désormais les écosystèmes locaux et la sécurité des riverains, notamment à Puerto Nare où un spécimen, potentiellement un mâle expulsé d’un groupe, a été observé sur le trajet scolaire des enfants.

Quelles réponses les autorités colombiennes apportent-elles face à cette invasion ?

Face aux dangers avérés, des juges ont ordonné aux autorités environnementales de prendre des mesures d’ici fin octobre 2026, notamment dans les départements d’Antioquia et de Santander. Les solutions envisagées incluent des plans de stérilisation ou d’euthanasie partielle, comme l’avait proposé l’ex-président Gustavo Petro, tandis que son successeur a opté pour la création d’un sanctuaire. Cependant, ces initiatives se heurtent à une opposition des défenseurs des animaux et des acteurs du tourisme, qui y voient une attraction économique.

Pourquoi la gestion des hippopotames divise-t-elle la société colombienne ?

Le débat oppose d’un côté les communautés locales et les scientifiques, qui dénoncent une « invasion biologique incontrôlée » menaçant les populations et les écosystèmes, et de l’autre les défenseurs des animaux et les entrepreneurs touristiques, qui s’opposent à des mesures radicales comme l’euthanasie. Cette « éthique à la carte » révèle un conflit de valeurs entre bien-être humain, préservation de la biodiversité et enjeux économiques, alors que les stratégies actuelles peinent à endiguer la prolifération.

Quel est le bilan humain des rencontres entre humains et hippopotames en Colombie ?

Bien que les incidents graves restent rares en Colombie, avec seulement trois à cinq cas documentés dans l’histoire du pays, les hippopotames sont considérés comme particulièrement dangereux en raison de leur agressivité et de leur taille. À titre de comparaison, sur le continent africain, ces animaux causent près de 500 morts par an. Leur présence près des zones habitées, comme à Puerto Nare, expose donc les populations à un risque accru, notamment pour les enfants utilisant les voies fluviales.

Ce que ça pourrait changer

La gestion des hippopotames d’Escobar pourrait devenir un cas d’école pour les politiques de biodiversité, où la recherche d’un équilibre entre sécurité publique, éthique animale et préservation des écosystèmes s’avère complexe. À moyen terme, l’échec des stratégies actuelles pourrait aggraver les tensions sociales et écologiques, tandis qu’une solution radicale, comme l’euthanasie, risquerait d’alimenter les controverses. Ce dossier souligne aussi l’importance de régulations plus strictes pour éviter des introductions d’espèces exotiques aux conséquences irréversibles.

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