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Géopolitique

Daniel Ortega annule les élections, le Nicaragua en voie de “nord-coréanisation”

Courrier International · mis à jour il y a 14 j

En déclarant qu’“il n’y aura plus d’élections” au Nicaragua, le président nicaraguayen, Daniel Ortega, a suscité une première vague de réactions de la part de la communauté internationale. Les États-Unis, le Panama et le Costa Rica figurent parmi les premiers pays à avoir condamné ce qui est considéré comme la “confirmation de la nature autoritaire du régime”..

Annonces d'Ortega

Le président nicaraguayen Daniel Ortega a déclaré publiquement, lors des commémorations de la Révolution sandiniste le 19 juillet 2026 à Managua, qu’il n’y aurait plus d’élections dans son pays. Cette annonce marque un tournant dans la politique nicaraguayenne, où la démocratie était déjà fortement affaiblie. Ortega, au pouvoir depuis 2007, dirige le pays avec son épouse Rosario Murillo, qui occupe le poste de vice-présidente. Leur couple est souvent surnommé el matrimonio presidencial (le couple présidentiel) par les médias locaux. Cette déclaration intervient après des années de restrictions croissantes contre l’opposition, illustrant une volonté d’instaurer un régime autoritaire durable, comparable à celui de la Corée du Nord, selon les observateurs.

Contexte politique

Depuis 2021, le Nicaragua a connu une dégradation accélérée de ses institutions démocratiques. À l’approche de l’élection présidentielle de cette année-là, Ortega et Murillo ont fait emprisonner tous les candidats de l’opposition jugés menaçants pour leur pouvoir. Parmi eux figuraient des figures politiques comme Cristiana Chamorro, une journaliste et candidate, dont la candidature a été invalidée sous des accusations de blanchiment d’argent. Parallèlement, de nombreux opposants ont été contraints à l’exil pour éviter des poursuites, tandis que d’autres se sont vu interdire à vie d’exercer une fonction publique, sous prétexte de trahison envers la nation. Ces mesures ont vidé le paysage politique nicaraguayen de toute alternative crédible à Ortega.

Conséquences actuelles

Les actions d’Ortega et de Murillo ont eu pour effet de transformer le Nicaragua en un régime où les élections libres n’ont plus de place. Le pays, autrefois dirigé par le Front sandiniste de libération nationale (FSLN), un mouvement de gauche historique, est désormais comparé à des régimes autoritaires comme celui de la Corée du Nord en raison de sa répression systématique. Les médias indépendants sont muselés, les opposants emprisonnés ou exilés, et les institutions judiciaires et électorales sont sous contrôle total du pouvoir. Cette situation a poussé des journalistes nicaraguayens comme Wilfredo Miranda, en exil, à qualifier ces développements de « dernier vestige de la démocratie nicaraguayenne qui s’efface ».

Ce que ça pourrait changer

Les déclarations d’Ortega ont relancé les critiques internationales contre le Nicaragua. Les États-Unis, par exemple, ont déjà pris des mesures symboliques, comme l’ouverture d’une enquête sur les violations des droits humains dans le pays. Cependant, le Nicaragua reste relativement discret sur la scène internationale, limitant ainsi l’impact de ces condamnations. Les commémorations de la Révolution sandiniste, organisées chaque année, servent souvent de vitrine pour le régime, qui cherche à légitimer son pouvoir en s’appuyant sur l’héritage historique du FSLN. Pourtant, cette année, l’annonce d’Ortega a mis en lumière l’écart croissant entre ce récit officiel et la réalité politique du pays.

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