« Pourquoi tu ne fais pas un robot pour m'aider à marcher ? » : comment une entreprise française de pointe est née
À six ans, Oscar a posé cette question à son père, ingénieur en robotique. Des années plus tard, il marche avec un exosquelette conçu par l’entreprise que celui-ci a cofondée.
En 2011, un père, Jean-Louis Constanza, ingénieur en robotique, et son fils Oscar, âgé de six ans, posent les bases d’un projet ambitieux. Oscar demande à son père : « Pourquoi tu ne fais pas un robot pour m’aider à marcher ? ». Cette question, à la fois simple et profonde, inspire la création d’un exosquelette capable d’assister les personnes ayant des difficultés à marcher. Jean-Louis Constanza s’associe alors à Nicolas Simon, un autre ingénieur dont des proches sont également concernés par ce problème. Ensemble, ils fondent Wandercraft, une entreprise française spécialisée dans les exosquelettes médicaux. Le défi est de taille : concevoir une machine capable de maintenir une personne debout et en mouvement, sans s’appuyer sur des béquilles.
Créer un exosquelette autonome représente un défi technologique majeur. Contrairement à un fauteuil roulant ou à des béquilles, l’exosquelette doit maintenir son équilibre en temps réel, comme le ferait un humain. Pour y parvenir, il utilise douze moteurs, chacun commandé jusqu’à mille fois par seconde. Ces moteurs ajustent en permanence la position des jambes pour compenser les mouvements du corps et éviter les chutes. Derrière cette apparente simplicité se cache une complexité algorithmique : des calculs constants pour synchroniser les mouvements et garantir une marche stable et naturelle. L’objectif est de libérer les mains de l’utilisateur, lui permettant ainsi de porter des objets ou d’interagir avec son environnement.
Wandercraft développe deux modèles d’exosquelettes adaptés à des besoins différents. Le premier, Atalante X, est conçu pour la rééducation en milieu hospitalier. Il permet aux soignants d’ajuster le niveau d’assistance en fonction des progrès du patient, favorisant ainsi sa participation active. Le second, Eve, est destiné à un usage personnel. Sa mise au point est plus complexe, car il doit être fiable et autonome en dehors d’un cadre médical. Ces deux modèles illustrent l’évolution de la technologie : d’un outil thérapeutique à une solution quotidienne pour améliorer la qualité de vie des utilisateurs.
Pour Oscar, aujourd’hui âgé de plusieurs années de plus, l’exosquelette Eve a transformé son quotidien. Pouvoir marcher debout, à la même hauteur que les autres, lui offre une liberté inédite. Il décrit des sensations comme tenir une conversation debout ou prendre un verre, des gestes simples mais impossibles sans assistance. Bien que l’exosquelette ne guérisse pas sa maladie, il lui permet de se déplacer avec une autonomie accrue. Oscar exprime son émotion en disant : *« Je le vis encore comme ça à chaque fois »*, soulignant l’impact émotionnel et social de cette innovation. Son témoignage illustre comment la technologie peut redonner confiance et dignité aux personnes confrontées à des handicaps moteurs.

