« Six balles tirées en quatre secondes » : le procès de deux ex-militants du GUD pour l’assassinat du rugbyman Federico Aramburú s’ouvre à Paris
Loïk Le Priol et Romain Bouvier, deux anciens du groupe d’extrême droite, comparaissent devant la cour d’assises à partir de ce lundi, quatre ans après la mort du sportif argentin, tué par arme à feu en 2022, en plein cœur de la capitale..
Le procès de deux anciens militants du GUD (Groupe Union Défense), un groupuscule d’extrême droite connu pour ses actions violentes, s’ouvre à Paris le 7 septembre 2026. Loïk Le Priol (35 ans) et Romain Bouvier (32 ans) sont accusés respectivement d’assassinat et de tentative d’assassinat dans la mort de Federico Martín Aramburú, un rugbyman argentin de 42 ans, père de trois enfants. L’affaire remonte au 19 mars 2022, vers 6 heures du matin, dans le 6ᵉ arrondissement de Paris, près du boulevard Saint-Germain. À l’époque, les deux hommes faisaient l’objet d’une fiche S (fiche de renseignement des services de police indiquant un risque pour la sécurité nationale) et d’une interdiction mutuelle de contact après une précédente affaire de violence.
Le drame a commencé une dizaine de minutes avant les tirs, dans un café de Saint-Germain-des-Prés, où une altercation a opposé Federico Aramburú aux deux accusés. Les circonstances exactes de cette bagarre ne sont pas détaillées dans l’article, mais elle a conduit à une escalade violente. Selon l’accusation, Loïk Le Priol a tiré six balles en seulement quatre secondes, tuant le rugbyman sur le coup. Romain Bouvier, présent sur les lieux, est accusé d’avoir participé à l’agression et d’avoir détenu une arme sans déclaration officielle. Les deux hommes comparaissent devant la cour d’assises de Paris, située sur l’île de la Cité, à moins d’un kilomètre du lieu du crime.
Loïk Le Priol et Romain Bouvier, aujourd’hui âgés respectivement de 35 et 32 ans, étaient déjà connus des autorités avant les faits. Ils faisaient partie du GUD, un mouvement d’extrême droite français actif depuis les années 1960, souvent associé à des actions violentes et à des idéologies radicales. Leur passé judiciaire inclut une fiche S et une interdiction de contact mutuel, suite à une précédente affaire de passage à tabac. Leur implication dans ce procès soulève des questions sur la radicalisation et la violence politique en France, ainsi que sur le suivi des individus surveillés par les services de renseignement.
Le procès, très attendu, met en lumière plusieurs aspects juridiques et sociaux. D’abord, la qualification des faits : Loïk Le Priol est poursuivi pour assassinat, un crime puni de la réclusion criminelle à perpétuité en France, tandis que Romain Bouvier est visé pour tentative d’assassinat et détention sans déclaration d’armes, des infractions passibles de lourdes peines. Ensuite, l’affaire interroge l’efficacité des dispositifs de surveillance comme la fiche S et les mesures d’interdiction de contact, alors que les deux hommes avaient déjà été identifiés comme des risques. Enfin, ce procès pourrait révéler des éléments sur les réseaux d’extrême droite en France et leur mode opératoire.
La mort de Federico Aramburú, rugbyman international argentin et père de famille, a suscité une vive émotion en France et en Argentine. Son assassinat en plein Paris, dans un quartier emblématique, a choqué l’opinion publique. Les obsèques du sportif, organisées à Biarritz le 26 mars 2022, ont rassemblé des milliers de personnes, témoignant de l’affection portée à sa mémoire. Ce procès, quatre ans après les faits, ravive cette douleur tout en posant des questions sur la sécurité des citoyens face à la violence politique et aux dérives radicales.
L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large de montée des violences politiques en France, notamment liées à l’extrême droite. Le *GUD*, bien que moins médiatisé aujourd’hui, reste un symbole des groupuscules violents qui ont marqué l’histoire politique française. Ce procès pourrait servir de révélateur sur l’évolution de ces mouvements et leur influence actuelle. Il intervient également dans un débat plus large sur la radicalisation, la surveillance des individus dangereux et l’équilibre entre sécurité et libertés individuelles en démocratie.

