☕️ Lunettes connectées : le parquet de Paris ouvre une enquête pour harcèlement sexuel
Le parquet de Paris a ouvert « au moins » une enquête pénale suite à des plaintes pour harcèlement sexuel impliquant des lunettes connectées, selon Reuters. Ces appareils et leur caméra intégré auraient été utilisées pour filmer des femmes dans la rue à leur insu.
Le parquet de Paris a lancé au moins une enquête pénale pour harcèlement sexuel impliquant des lunettes connectées. Ces appareils, équipés d'une caméra, auraient été utilisés pour filmer des femmes dans l'espace public sans leur consentement. Les vidéos ont ensuite été diffusées en ligne. Aucune marque n'est officiellement citée dans l'article, mais les Ray-Ban Meta (lunettes connectées développées par l'entreprise Meta) sont évoquées comme des modèles souvent associés à ce type de pratiques, surnommés « pervert glasses » (lunettes de pervers). L'enquête vise à déterminer les responsabilités pénales des auteurs de ces actes. Le parquet n'a pas communiqué de détails supplémentaires sur l'avancée de l'enquête ou les personnes mises en cause.
Les lunettes connectées, comme celles de Meta, intègrent une diode qui s'allume lorsque la caméra est activée, une mesure présentée comme une protection pour alerter les personnes filmées. Cependant, cette signalisation est critiquée par des associations comme e-Enfance, qui soulignent que le simple fait de voir un voyant ne garantit pas un consentement éclairé. En effet, la diode peut être difficile à remarquer ou à comprendre, et les victimes n'ont souvent pas la possibilité de réagir à temps. La CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés), autorité française chargée de protéger les données personnelles, avait déjà alerté en mai 2026 sur les dangers de ces appareils pour la vie privée. Depuis, elle a enregistré une dizaine de plaintes liées à leur utilisation.
Les lunettes connectées de Meta font l'objet d'une grogne croissante dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne. Ces critiques portent sur leur utilisation à des fins de harcèlement ou d'humiliation publique, avec des vidéos diffusées sur internet. Meta a réagi en renforçant les protections de ses appareils, comme l'ajout de diodes plus visibles, et envisage même de commercialiser des modèles sans caméra. Cependant, ces mesures sont jugées tardives par des associations comme e-Enfance, qui demandent un encadrement plus strict dès la conception des appareils. L'association propose également que les plateformes en ligne appliquent une « tolérance zéro » envers les comptes diffusant ce type de contenus.
Face à l'augmentation des plaintes, des entreprises se tournent vers la CNIL pour savoir s'il est possible d'interdire les lunettes connectées sur leur lieu de travail. La cellule cybercriminalité du parquet de Paris a testé ces appareils « il y a deux semaines » pour évaluer les infractions potentielles qu'ils permettent. Aucune décision n'a encore été prise, mais le débat porte sur la nécessité de réguler ces technologies, notamment pour protéger les employés et les clients. La CNIL, qui a déjà alerté sur les risques liés à ces lunettes, pourrait jouer un rôle clé dans l'élaboration de règles plus strictes.
L'association e-Enfance, spécialisée dans la protection des mineurs et des victimes de cyberharcèlement, a critiqué le manque de précaution de Meta. Véronique Béchu, sa directrice, souligne que *« voir un voyant ne signifie pas consentir à la diffusion de son image »* et que les victimes doivent avoir les moyens de réagir. L'association demande un encadrement renforcé dès la conception des lunettes connectées, ainsi que des sanctions immédiates contre les comptes diffusant des vidéos de harcèlement. Elle insiste sur la responsabilité des plateformes en ligne, qui doivent appliquer une *« tolérance zéro »* envers les récidivistes.

