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Alors qu’on pensait qu’il aiderait à lutter contre le diabète, le Goyavier du Brésil agirait en fait sur la tension artérielle

Science & Vie · mis à jour il y a 18 h

Pendant six mois, des adultes obèses et prédiabétiques ont consommé chaque matin de la poudre de feijoa entier lyophilisé. Les chercheurs visaient la glycémie.

Étude surprise

En septembre 2026, l’université d’Auckland en Nouvelle-Zélande a publié les résultats d’un essai clinique mené sur 97 adultes en surpoids et prédiabétiques. L’objectif initial était d’évaluer si le feijoa (un fruit brésilien aussi appelé Goyavier du Brésil) pouvait aider à lutter contre le diabète de type 2. Cependant, les chercheurs ont découvert un effet inattendu : une réduction de la tension artérielle systolique aux mois 4 et 6, et non une amélioration de la glycémie ou du poids. Près de 589 millions de personnes dans le monde vivent avec un diabète, et l’hypertension est souvent associée à cette maladie. Cette découverte ouvre de nouvelles pistes de recherche, même si le fruit n’a pas eu l’effet escompté sur le diabète.

Profil des participants

Les 97 participants à l’étude, recrutés dans la région d’Auckland, présentaient une obésité marquée avec un indice de masse corporelle (IMC) moyen de 37. Leur glycémie à jeun se situait entre 5,6 et 6,9 mmol/L, ce qui correspond à un état de prédiabète. L’échantillon était diversifié : moins de la moitié étaient d’origine européenne, tandis que les autres étaient Maoris, originaires des îles du Pacifique ou d’Asie. Cette diversité est rare dans les études sur les régimes hypocaloriques, où les participants sont souvent majoritairement blancs. Les chercheurs ont mené l’essai, nommé FERDINAND, sur six mois, avec une première phase de deux mois de régime strict à base de substituts de repas, suivie d’une phase de quatre mois visant à maintenir la perte de poids avec une alimentation équilibrée.

Résultats décevants

Le feijoa n’a eu aucun effet significatif sur le poids ou la glycémie des participants. En deux mois, les deux groupes (placebo et feijoa) ont perdu en moyenne 7,2 kg. Lors de la phase de maintien, cette perte s’est légèrement réduite, mais au bout de six mois, les participants pesaient encore 5,1 kg de moins qu’au départ. Aucune différence n’a été observée entre le groupe ayant consommé de la poudre de feijoa et celui sous placebo. Pour la glycémie, les résultats étaient similaires : une baisse pendant le régime, suivie d’une remontée lors de la phase de maintien, suivant la même trajectoire que la perte de poids. Un seul résultat aberrant avait faussé les premières analyses, mais une fois retiré, les différences entre les groupes ont disparu. Les chercheurs expliquent ce manque d’effet par le déficit calorique imposé, si important qu’il a masqué tout bénéfice potentiel du fruit.

Effet inattendu sur la tension

Le feijoa a montré un effet positif sur la tension artérielle systolique, c’est-à-dire la pression dans les artères lorsque le cœur se contracte. Aux mois 4 et 6, cette tension a davantage baissé dans le groupe ayant consommé le fruit que dans le groupe placebo. Le fruit contient environ 60 % de catéchines dans sa fraction de polyphénols, ainsi que de l’acide abscissique. Ces composés aident les vaisseaux sanguins à produire du monoxyde d’azote, un gaz qui les dilate et améliore la circulation sanguine. Cet effet pourrait protéger les vaisseaux, surtout en combinaison avec la perte de poids initiale. Cependant, l’effet reste fragile : lorsque les chercheurs ont retiré de l’analyse les 47 % de participants hypertendus au début de l’essai, la différence entre les groupes a disparu. L’échantillon de 97 personnes était aussi inférieur à l’objectif initial de 160, en raison des difficultés de recrutement liées à la pandémie de Covid-19.

Ce que ça pourrait changer

Bien que l’étude n’ait pas confirmé l’effet du *feijoa* sur le diabète, ses résultats sur la tension artérielle justifient des recherches supplémentaires. Ibrahim Mohamed, de l’université d’Auckland, a souligné que cette découverte n’était pas ce que les chercheurs cherchaient initialement, mais qu’elle ouvre de nouvelles perspectives. Les polyphénols du *feijoa*, comme les catéchines, pourraient avoir un rôle à jouer dans la régulation de la tension, surtout en l’absence de régime hypocalorique strict. Une étude iranienne de 2012, menée sur 34 patients diabétiques sans régime associé, avait déjà montré des résultats positifs avec un extrait de *feijoa* sur la glycémie. Ces données suggèrent que le fruit pourrait avoir des bienfaits, mais sous des conditions spécifiques qui restent à préciser.

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