Canicule : 22 % des plus de 60 ans pourraient atteindre leurs limites physiologiques
On savait les personnes âgées particulièrement vulnérables aux canicules, eh bien elles le seraient davantage encore qu'on ne le pensait. Une étude publiée dans The Lancet Planetary Health montre que les plus de 60 ans atteignent leurs limites physiologiques face à la chaleur à des températures bien plus basses que les jeunes adultes.
Les personnes âgées de plus de 60 ans sont plus vulnérables aux canicules que les jeunes adultes, et cette vulnérabilité est encore plus marquée qu’on ne le pensait jusqu’à présent. Avec l’âge, le corps humain subit des changements physiologiques qui réduisent sa capacité à gérer la chaleur. Par exemple, la transpiration devient moins efficace, ce qui limite la capacité du corps à se refroidir naturellement. De plus, les vaisseaux sanguins se dilatent moins bien, ce qui perturbe la circulation du sang et la régulation de la température corporelle. Le cœur, quant à lui, doit travailler davantage pour évacuer la chaleur, ce qui peut entraîner une fatigue accrue voire des risques pour la santé.
Une étude publiée dans The Lancet Planetary Health révèle que les plus de 60 ans atteignent leurs limites physiologiques face à la chaleur à des températures bien inférieures à celles des jeunes adultes. Selon cette étude, dans un scénario où la température mondiale augmenterait de +1,5 °C (une hypothèse considérée comme optimiste), 22 % des personnes de plus de 60 ans pourraient subir au moins un mois par an de chaleur dite « incompensable ». Ce terme désigne une chaleur que le corps ne parvient pas à évacuer par la transpiration, ce qui expose les individus à des risques graves pour leur santé.
Le risque de subir des épisodes de chaleur dangereuse pour les plus de 60 ans devrait augmenter avec le réchauffement climatique. L’étude souligne que la population mondiale des plus de 60 ans devrait atteindre 2,1 milliards d’individus en 2050, ce qui accentuera la pression sur les systèmes de santé et les politiques publiques. Par ailleurs, les fortes chaleurs affectent déjà majoritairement les personnes âgées, ce qui rend urgente une adaptation des seuils d’alerte sanitaire actuels, jugés inadaptés à cette vulnérabilité spécifique.
Face à cette situation, l’étude plaide pour une révision des seuils d’alerte sanitaire afin de mieux protéger les personnes âgées. Aujourd’hui, ces seuils ne tiennent pas suffisamment compte de la vulnérabilité accrue des seniors, ce qui peut retarder la mise en place de mesures de prévention ou d’urgence. L’objectif est d’anticiper les risques et d’adapter les réponses en fonction des besoins spécifiques des plus de 60 ans, notamment en période de canicule. Cette adaptation est d’autant plus nécessaire que les épisodes de chaleur intense devraient se multiplier avec le changement climatique.

