Les enjeux de la visite en France de Léon XIV 1/5 : Les enjeux de la visite en France de Léon XIV
La lutte contre les violences sexuelles, la question migratoire ou l'intelligence artificielle sont quelques uns des thèmes de la visite historique de quatre jours de Léon XIV en France. En passant par Paris, Lourdes puis Metz, où il doit prononcer un discours important sur l'Europe..
Léon XIV, le pape américain élu il y a près d'un an et demi, effectue son sixième voyage en Europe et son deuxième dans un grand pays européen avec une visite officielle en France du 25 au 28 septembre 2026. Cette visite, la treizième d'un pape en France à l'époque contemporaine, le mène à travers plusieurs villes dont Paris, Lourdes et Metz. À son arrivée à l'aéroport d'Orly ce vendredi 25 septembre à 10h, il est accueilli par le président français Emmanuel Macron. Ce voyage s'inscrit dans une série de déplacements internationaux du pape, marqué par une forte dimension missionnaire. Par exemple, en avril 2026, plus d'un million de personnes avaient assisté à une messe à Madrid lors d'un précédent voyage, un succès qui interroge sur l'affluence attendue en France.
L'un des enjeux majeurs de cette visite est la popularité de Léon XIV et l'affluence des fidèles lors de ses déplacements. Le pape, connu pour son engagement missionnaire, cherche à mobiliser les croyants. En France, plus de 20 000 baptêmes d'adultes et d'adolescents ont été enregistrés en 2026, soit deux fois plus qu'en 2023, signe d'un regain d'intérêt pour la religion. Cependant, cette hausse ne compense pas le déclin des baptêmes d'enfants, un phénomène observé depuis plusieurs années. Le pape espère ainsi relancer l'engagement spirituel en France, tout en attirant une foule nombreuse lors de ses étapes, avec l'objectif de dépasser le million de participants, comme ce fut le cas en Espagne.
La visite de Léon XIV aborde plusieurs questions éthiques et sociales, notamment la lutte contre les violences sexuelles, la question migratoire et l'intelligence artificielle (IA). Ces thèmes seront probablement évoqués lors de ses rencontres avec les autorités françaises, comme à l'Élysée ce matin. Un autre sujet sensible est la loi française sur la fin de vie, adoptée récemment, qui soulève des débats éthiques majeurs. Le pape, connu pour son approche apaisante, pourrait aborder ces sujets sans entrer dans des confrontations directes, mais en insistant sur les valeurs chrétiennes et le dialogue. Ces discussions s'inscrivent dans un contexte où l'Église catholique cherche à se repositionner face aux évolutions sociétales.
Léon XIV se présente comme un homme de paix et souhaite renforcer les institutions porteuses de cette paix. Son discours à l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture), une agence de l'ONU dédiée à la culture, illustre cette volonté. Il y défendra le multilatéralisme comme méthode pour résoudre les conflits internationaux, une approche qui vise à rassembler plusieurs pays autour de solutions communes plutôt que de laisser des puissances agir seules. Ce message s'inscrit dans une vision où les racines chrétiennes de l'Europe obligent le pape à s'engager davantage pour promouvoir la paix et la solidarité entre les nations.
Le point d'orgue de cette visite aura lieu à Metz, où Léon XIV prononcera un discours important sur l'Europe. Ce choix n'est pas anodin, car Metz est une ville symbolique pour l'histoire chrétienne du continent. Le pape y abordera probablement les défis actuels de l'Union européenne, en insistant sur ses racines chrétiennes comme fondement de son unité. Ce discours s'adresse autant aux dirigeants européens qu'aux citoyens, dans un contexte où l'Europe fait face à des divisions politiques et à des crises migratoires. Le pape pourrait y appeler à une Europe plus unie, fondée sur des valeurs communes de solidarité et de respect.
Un moment particulièrement attendu de cette visite est la rencontre de Léon XIV avec les victimes d'abus sexuels au sein de l'Église, prévue à Lourdes. Ce sujet, déjà abordé lors de son voyage en Espagne, avait suscité des controverses en raison de son traitement par les autorités ecclésiastiques. Le pape, qui a travaillé à apaiser les tensions au sein de l'Église, pourrait tenter d'aller au-delà du symbole en écoutant directement les victimes et en reconnaissant les échecs passés. Cette étape est cruciale pour restaurer la confiance des fidèles et montrer que l'Église prend au sérieux ces questions de protection des plus vulnérables.

