Enki Bilal: un lieu de résistance pour l'art / Contestations étudiantes en Inde / 100 ans de la Grande Mosquée de Paris
Ce matin à 7h38, Bérengère Bonte reçoit Enki Bilal à l'occasion de l'ouverture du Fonds Enki Bilal, dans le Marais, qui revient sur les œuvres protéiformes de l'artiste..
Le 24 juillet 2026, l’artiste Enki Bilal inaugure le Fonds Enki Bilal, un lieu dédié à son œuvre dans le quartier du Marais à Paris, au 22 rue Charlot. Ce fonds, situé dans le 3ᵉ arrondissement, se présente comme un espace de résistance pour l’art, selon les mots de l’artiste lui-même. Bilal, connu pour ses bandes dessinées futuristes comme Nikopol ou Le Sommeil du monstre, y expose des œuvres protéiformes mêlant dessin, peinture, sculpture et installations. Ce projet s’inscrit dans une volonté de créer un lieu de dialogue où l’art questionne la société, notamment les rapports de pouvoir et les dystopies politiques. L’inauguration est l’occasion d’un entretien radiophonique avec Bérengère Bonte sur France Culture, où Bilal évoque son parcours et sa vision de l’art comme outil de contestation. Le fonds s’ajoute à d’autres initiatives culturelles parisiennes, comme la Fondation Louis Vuitton ou le Centre Pompidou, mais se distingue par son ancrage dans une démarche militante et avant-gardiste.
En Inde, les contestations étudiantes prennent une ampleur inédite en juillet 2026, mettant en difficulté le Premier ministre Narendra Modi et son parti, le BJP (Parti du peuple indien). Ces mouvements, portés notamment par des étudiants des universités de Delhi, Mumbai et Bangalore, protestent contre des réformes éducatives jugées discriminatoires et contre la montée du nationalisme hindou (hindutva). Sylvia Malinbaum, chercheuse à l’Ifri (Institut français des relations internationales) spécialiste de l’Asie du Sud, analyse cette crise comme un symptôme des tensions entre modernité et tradition dans le pays. Les étudiants dénoncent des lois favorisant les universités privées au détriment des établissements publics, ainsi que des mesures perçues comme une atteinte aux libertés académiques. Ces protestations, qui s’étendent depuis plusieurs mois, ont déjà conduit à des affrontements avec les forces de l’ordre et à des arrestations. Modi, au pouvoir depuis 2014, voit son image de leader stable ébranlée par cette crise, alors que l’Inde célèbre cette année les 75 ans de son indépendance.
La *Grande Mosquée de Paris*, inaugurée en 1926, fête son centenaire en 2026. Ce monument emblématique, situé dans le 5ᵉ arrondissement, fut construit pour honorer les soldats musulmans morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Adel Gastel, journaliste et co-auteur du livre *La Grande Mosquée de Paris : Regards sur 100 ans en 100 événements*, retrace son histoire dans un entretien sur France Culture. L’édifice, conçu dans un style *mauresque* par l’architecte *Robert Fournez*, symbolise aussi l’intégration des musulmans en France. Au fil des décennies, la mosquée est devenue un lieu de culte, mais aussi un centre culturel et éducatif, proposant des cours d’arabe et d’histoire islamique. Son centenaire est marqué par des expositions, des conférences et des débats sur le rôle des lieux de culte dans la société française contemporaine, notamment dans un contexte de tensions liées à la laïcité et à l’islamophobie.

