Nouvel algorithme du Nutri-Score : pourquoi l'huile d'olive est désormais classée B par les experts
Huiles végétales et féculents complets gagnent du terrain avec le nouvel algorithme du Nutri-Score, tandis que produits sucrés et boissons édulcorées reculent dans le classement. The post Nouvel algorithme du Nutri-Score : pourquoi l’huile d’olive est désormais classée B par les experts appeared first on Science et vie..
Le 14 mars 2025, un arrêté a modifié l’algorithme du Nutri-Score, un système d’étiquetage nutritionnel présent sur les emballages alimentaires en France et dans six autres pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse). Cet algorithme, introduit en 2017 à la demande du ministère de la Santé français, classe les produits alimentaires de A (meilleure note) à E (moins bonne note) en fonction de leur composition nutritionnelle. La mise à jour de 2025 a notamment reclassé l’huile d’olive en B, contre C auparavant, en raison d’une révision des critères tenant compte de la teneur en acides gras saturés, moins élevée dans cette huile. Les fabricants disposent jusqu’en mars 2027 pour actualiser leurs emballages avec le nouveau calcul, identifié par un encadré « Nouveau calcul » à côté du logo.
L’huile d’olive, ainsi que les huiles de colza et de noix, ont vu leur note améliorée grâce au nouvel algorithme du Nutri-Score. Cette révision concerne l’ensemble des matières grasses ajoutées et s’appuie sur leur teneur réduite en acides gras saturés, des graisses considérées comme moins favorables pour la santé cardiovasculaire. Par exemple, l’huile d’olive extra vierge contient environ 14 % d’acides gras saturés, contre 50 % ou plus pour certaines huiles tropicales comme l’huile de palme. Cette modification reflète les recommandations nutritionnelles actuelles, qui privilégient les huiles riches en acides gras insaturés, comme les oméga-3 et oméga-9. Les consommateurs sont ainsi incités à privilégier ces alternatives plus saines dans leur alimentation quotidienne.
Le nouvel algorithme du Nutri-Score pénalise davantage les boissons édulcorées, dont la note chute désormais entre C et E, contre B auparavant. Cette catégorie inclut les sodas light, les boissons aromatisées sans sucre ajouté ou les alternatives végétales (lait d’amande, de soja ou de riz). Seule l’eau conserve la note A, tandis que les boissons peu sucrées voient leur classement s’améliorer. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de débats scientifiques sur les effets des édulcorants sur la santé, certains études suggérant un lien possible avec des troubles métaboliques. Le système vise à guider les consommateurs vers des choix moins sucrés, même en l’absence de calories.
Les poissons gras, comme les sardines ou les maquereaux, bénéficient d’une meilleure note avec le nouvel algorithme du Nutri-Score, en raison de leur richesse en oméga-3, des acides gras essentiels bénéfiques pour le cœur et le cerveau. De même, les céréales complètes (pain complet, riz complet) se distinguent désormais plus clairement de leurs versions raffinées, moins riches en fibres et en nutriments. Cette distinction reflète les recommandations nutritionnelles actuelles, qui encouragent la consommation d’aliments peu transformés et riches en fibres, associés à un moindre risque de maladies chroniques comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires.
Le Nutri-Score fait l’objet de critiques, notamment de la part d’industriels qui estiment que le système simplifie excessivement la valeur nutritionnelle d’un aliment. Par exemple, il ne tient pas compte du mode de cuisson (friture, grillé) ni de la taille des portions consommées, deux facteurs influençant pourtant l’impact réel sur la santé. Mathilde Touvier, co-créatrice du Nutri-Score, souligne que chaque modification de l’algorithme nécessite une réévaluation rigoureuse basée sur environ 150 publications scientifiques, pour éviter les biais. Le comité scientifique reconnaît ces limites mais maintient que l’outil reste utile pour comparer des produits d’une même catégorie, sans prétendre évaluer la qualité globale d’un régime alimentaire.
Le calcul du *Nutri-Score* repose sur des données nutritionnelles déjà disponibles (taux de sucre, de graisses, de sel), ce qui évite aux petits producteurs de réaliser des analyses chimiques supplémentaires, une contrainte coûteuse réservée aux grands groupes. Santé publique France propose un calculateur en ligne gratuit, permettant d’obtenir la note d’un produit en saisissant simplement ses taux de sucre, de graisses et de sel. Le logo reste facultatif pour les fabricants, mais il est adopté par sept pays européens. Les consommateurs peuvent ainsi comparer plus facilement les produits entre eux, même si le système ne remplace pas une lecture attentive des étiquettes ou une consultation des recommandations nutritionnelles officielles.

