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Culture

Votre routine skincare est-elle féministe ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 10 h

Le "skincare" s'est imposé comme un rituel pour des millions de femmes, porté par la promesse d’une peau parfaite, lisse et jeune. Dans son nouveau livre, notre invitée explore les dessous de cette injonction à la beauté et se demande : peut-on aimer le skincare et rester féministe ?.

Le skincare comme phénomène

Le skincare (soins de la peau) est devenu un rituel quotidien pour des millions de personnes, particulièrement des femmes, à travers le monde. Ce phénomène s'est imposé comme une pratique presque incontournable, portée par la promesse d'une peau parfaite, lisse et jeune. Les réseaux sociaux, les publicités et les influenceurs ont largement contribué à populariser cette tendance, en présentant les soins de la peau comme une nécessité pour se sentir bien dans son corps et dans sa tête. En 2026, cette obsession pour la beauté de la peau est devenue un sujet de débat, notamment dans les milieux féministes, où elle interroge sur les attentes sociales imposées aux femmes.

Mona Chollet et son livre

Mona Chollet, journaliste et essayiste française, explore dans son nouveau livre Soigner la peau, exploration d’une obsession (éditions de La Découverte) les raisons de cette fascination pour les soins de la peau. Elle y analyse comment cette pratique peut s'inscrire dans un contexte plus large d'injonctions patriarcales, tout en reconnaissant elle-même une forme d'addiction aux crèmes et produits de soin. Ce livre s'inscrit dans la continuité de ses précédents travaux, comme Beauté fatale (2012) ou Sorcières (2018), où elle décrypte les normes sociales et les pressions exercées sur les femmes. Pour Chollet, cette obsession reflète un rapport complexe à soi-même et aux autres, entre désir d'autonomie et soumission à des standards esthétiques.

Féminisme et soins de la peau

L'article interroge la compatibilité entre le féminisme et l'adhésion à une routine skincare intensive. Peut-on être féministe tout en participant à une culture qui valorise la jeunesse et la beauté comme critères de valeur pour les femmes ? Mona Chollet souligne que cette pratique peut être à la fois un acte de soin personnel et une soumission à des normes imposées par la société. Elle invite à réfléchir sur la manière dont les femmes naviguent entre ces contradictions, en choisissant parfois de prendre soin d'elles sans pour autant rejeter les valeurs féministes. Ce débat rejoint des questions plus larges sur l'autonomie des femmes et leur capacité à définir leurs propres priorités.

Les enjeux sociaux et économiques

L'industrie du skincare représente un marché colossal, estimé à plusieurs dizaines de milliards d'euros dans le monde. Les marques exploitent souvent les émotions et les insécurités des consommateurs, en promettant des résultats miracles grâce à des produits parfois coûteux. Cette industrie est également pointée du doigt pour son impact environnemental, notamment à cause des emballages plastiques et des ingrédients controversés. Dans ce contexte, l'obsession pour les soins de la peau peut être perçue comme une forme d'aliénation, où les femmes dépensent temps et argent pour répondre à des attentes qui ne sont pas nécessairement les leurs.

Ce que ça pourrait changer

L'article met en lumière la tension entre le désir de prendre soin de soi et les pressions extérieures. Mona Chollet souligne que cette obsession pour la peau peut être un moyen pour les femmes de reprendre le contrôle sur leur apparence, dans un monde où leur valeur est souvent jugée à l'aune de leur jeunesse et de leur beauté. Cependant, elle rappelle que cette quête de perfection peut aussi devenir une source de stress et de frustration, surtout lorsque les résultats ne sont pas à la hauteur des promesses. Le débat reste ouvert : faut-il rejeter ces pratiques au nom du féminisme, ou les réinterpréter comme un acte de résistance ou de bien-être ?

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