Oman et Téhéran négocient la régulation du détroit d’Ormuz sans déblocage en vue
Cette voie maritime, toujours verrouillée par Téhéran, est au cœur de la guerre au Moyen-Orient..
Le conflit actuel au Moyen-Orient a débuté fin février 2026 avec des frappes israélo-américaines sur l’Iran. En représailles, Téhéran a riposté en attaquant des pays alliés des États-Unis dans la région et en verrouillant le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique. Ce détroit, par lequel transite environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux (pétrole et gaz), est contrôlé par l’Iran depuis près de six mois. Cette situation a provoqué une hausse des prix du pétrole et une pression accrue sur le président américain Donald Trump, notamment à l’approche des élections de mi-mandat de novembre 2026. En réponse, Washington a mis en place un blocus des ports iraniens et intensifié les sanctions économiques contre l’Iran et ses partenaires commerciaux.
L’Oman et l’Iran, deux pays riverains du détroit d’Ormuz, ont entamé des négociations pour établir un couloir temporaire de navigation et organiser un déminage conjoint. Lors d’une rencontre à Mascate, les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont signé un accord-cadre visant à rétablir une circulation maritime sûre. Le ministre omanais Badr al-Busaidi a exprimé l’espoir d’annoncer prochainement des modalités pratiques pour ce couloir. Cependant, l’Iran a conditionné l’ouverture du détroit à la fin de la guerre et à la levée du blocus imposé par les États-Unis. Ces discussions s’inscrivent dans une volonté de trouver des solutions régionales, comme l’a souligné le ministre iranien Abbas Araghchi.
Les États-Unis ont annoncé un nouveau train de sanctions secondaires visant les partenaires commerciaux de l’Iran, touchant notamment les secteurs de l’or, de la technologie, des actifs numériques, de l’aviation et du transport maritime. Ces mesures, annoncées par le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, visent à « asphyxier » l’économie iranienne en coupant ses ressources. L’Iran, déjà affaibli par des décennies de sanctions internationales, a réagi en menaçant de cibler les intérêts économiques américains. Parallèlement, les prix du pétrole ont baissé de plus de 2 % mercredi, le Brent s’établissant sous les 90 dollars, dans un contexte d’optimisme relatif malgré les tensions persistantes.
Le président américain Donald Trump a affirmé que la marine américaine avait retiré ou détruit toutes les mines dans les eaux internationales du détroit d’Ormuz, selon des informations transmises à l’Iran. Il a menacé d’attaquer Oman si ce pays entravait les intérêts américains dans la région. De son côté, l’Iran a réaffirmé que le détroit ne serait rouvert qu’après la fin de la guerre, la levée du blocus et un règlement de la situation au Yémen. Le vice-ministre iranien Kazem Gharibabadi a précisé que toute nouvelle pose de mines par l’Iran entraînerait la destruction des navires responsables. Ces déclarations illustrent l’impasse actuelle entre les deux pays, malgré les tentatives de dialogue.
Le blocus du détroit d’Ormuz et les sanctions américaines ont des répercussions économiques majeures. Les prix du pétrole, qui avaient fortement augmenté en raison de la fermeture du détroit, ont légèrement reculé, mais restent élevés. En Iran, les automobilistes et motards se sont précipités dans les stations-service de Téhéran, signe des difficultés économiques accrues. Le président iranien a reconnu que le pays traversait « de nombreuses difficultés ». Par ailleurs, l’Iran a averti que tout pays participant à la guerre économique contre lui serait considéré comme un « ennemi ». Ces tensions persistent malgré les négociations en cours et les déclarations contradictoires des deux camps.

