Allégations d’écoblanchiment : le NPD veut une enquête sur des propos de Carney
Au centre de l'affaire : une campagne publicitaire du gouvernement sur les infrastructures d'énergie propre..
Le 30 juin 2025, Mark Carney, premier ministre du Canada depuis mars 2025, a publié une vidéo intitulée La ligne de conduite : l’avenir énergétique du Canada. Dans cette vidéo, il explique que le gouvernement précédent, dirigé par Justin Trudeau, avait mis en place un plan climatique jugé trop coûteux et diviseur. Le nouveau gouvernement, dirigé par Carney, propose une approche différente avec des investissements massifs dans les énergies renouvelables, tout en reconnaissant que les émissions de gaz à effet de serre du Canada augmenteront à court terme. Ces déclarations ont été reprises par le chef parlementaire du Nouveau Parti démocratique (NPD), Don Davies, qui accuse le gouvernement de écoblanchiment dans sa campagne publicitaire sur les infrastructures d’énergie propre. Le NPD demande une enquête du Bureau de la concurrence pour vérifier si ces propos et ces publicités respectent la loi contre l’écoblanchiment.
L’écoblanchiment désigne des déclarations environnementales fausses, trompeuses ou non fondées concernant un produit, un service ou une pratique. Par exemple, affirmer qu’un produit est « écologique » sans preuve tangible peut être considéré comme de l’écoblanchiment. Au Canada, une loi spécifique contre l’écoblanchiment a été adoptée sous Justin Trudeau, puis modifiée par le gouvernement de Mark Carney. Cette loi impose que toute publicité gouvernementale ou privée faisant des allégations environnementales doit pouvoir les justifier par des preuves solides. Le NPD estime que les déclarations de Carney, selon lesquelles les émissions augmenteront malgré les investissements dans les énergies renouvelables, ainsi que la promotion d’un oléoduc soutenu par des fonds publics, violent cette loi. La loi vise à garantir que les messages environnementaux, surtout lorsqu’ils sont financés par l’État, soient exacts et transparents.
Depuis son arrivée au pouvoir, Mark Carney a pris plusieurs mesures qui ont suscité des critiques. Il a supprimé la taxe sur le carbone pour les consommateurs, une taxe qui visait à réduire les émissions en rendant les énergies fossiles plus chères. Il a également modifié le système de tarification carbone pour l’industrie, ce qui pourrait réduire son impact environnemental. Par ailleurs, il a levé le plafond d’émissions pour la production de pétrole et de gaz, une mesure qui limitait auparavant les quantités de CO₂ émises par ce secteur. Enfin, il a signé un accord avec l’Alberta pour soutenir la construction d’un nouvel oléoduc vers la côte ouest, un projet qui pourrait augmenter les émissions à court terme. Ces décisions contrastent avec les promesses de réduction des émissions à long terme et alimentent les accusations d’écoblanchiment.
Le 30 juin 2025, le NPD a déposé une plainte auprès du Bureau de la concurrence, l’organisme canadien chargé de lutter contre les pratiques commerciales trompeuses. Dans cette plainte, Don Davies, chef parlementaire du NPD, reproche au gouvernement de Carney d’utiliser des déclarations non fondées dans sa campagne publicitaire sur les infrastructures d’énergie propre. Plus précisément, il cite une vidéo de Carney où celui-ci reconnaît que les émissions augmenteront à court terme, ainsi qu’une publicité gouvernementale montrant des éoliennes et des panneaux solaires avec le slogan « Le Canada va construire un avenir plus propre ». Selon Davies, ces messages sont trompeurs car ils ne reflètent pas la réalité des politiques actuelles. Il demande au Bureau de la concurrence d’enquêter pour vérifier si ces publicités enfreignent la loi contre l’écoblanchiment.
Le NPD insiste sur le fait que les Canadiens s’attendent à ce que les publicités financées par l’État fournissent des informations exactes et objectives, plutôt que de servir des intérêts politiques ou de propager de la désinformation. Davies souligne que la loi sur l’écoblanchiment, adoptée sous Justin Trudeau et modifiée par Carney, exige que les allégations environnementales soient étayées par des preuves. Le NPD craint que les modifications apportées à cette loi n’aient affaibli les contrôles, rendant plus difficile la lutte contre l’écoblanchiment. À ce jour, ni le Bureau de la concurrence ni le ministre de l’Environnement n’ont réagi aux demandes de commentaires de *La Presse canadienne*. Cette affaire illustre les tensions entre les promesses environnementales et les réalités économiques, notamment dans un pays comme le Canada, où l’industrie pétrolière et gazière joue un rôle majeur.

