Silences, larmes et incompréhension, un an après la mort de Nooran Rezayi
Des centaines de personnes se sont réunies à Longueuil pour rendre hommage à l'adolescent de 15 ans..
Un an après la mort de Nooran Rezayi, un adolescent de 15 ans abattu par un policier du Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL) le 21 septembre 2025, des centaines de personnes se sont réunies à Longueuil pour lui rendre hommage. La famille et les proches de l'adolescent, marqués par cette perte, réclament toujours des réponses aux nombreuses questions restées sans réponse. Parmi eux, l'oncle de Nooran Rezayi, Abdel Rezayi, est l'un des rares à avoir accepté de s'exprimer publiquement, décrivant la douleur quotidienne de sa mère. La plupart des amis et membres de la famille ont choisi de se recueillir en silence, symbolisant ainsi leur incompréhension et leur colère face à l'absence de justice. Un atelier d'écriture a permis à des adolescents de mettre des mots sur leur souffrance, exprimant un sentiment d'injustice et de persécution au sein de leur communauté.
Un an après les faits, l'avocat de la famille Rezayi, Me Fernando Belton, souligne l'absence de réponses aux questions fondamentales entourant la mort de Nooran Rezayi. Pourquoi l'adolescent a-t-il été abattu ? Pourquoi l'intervention policière a-t-elle dégénéré aussi rapidement ? Pourquoi les tirs ont-ils eu lieu alors qu'une approche différente aurait pu être envisagée ? Ces interrogations, toujours sans réponse, alimentent un profond sentiment de frustration au sein de la famille et de la communauté. L'oncle de Nooran Rezayi questionne également l'absence de cadre légal protecteur, soulignant que son neveu, âgé de seulement 15 ans, a été tué sans que justice ne soit rendue. Ces silences et ces zones d'ombre renforcent le sentiment d'injustice et de méfiance envers les institutions.
Nooran Rezayi a été abattu lors d'une intervention du SPAL à Saint-Hubert, répondant à un appel au 911 signalant la présence d'un groupe de jeunes prétendument masqués et armés. Selon l'avocat de la famille, les tirs policiers ont eu lieu seulement 9 secondes après l'arrivée des agents sur les lieux. Après le drame, deux enquêtes ont été lancées : celle du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), qui a conclu que les jeunes présents n'étaient pas armés, et celle du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Pour éclaircir la conduite du SPAL, le gouvernement du Québec a ordonné une enquête administrative en juin 2026, à la demande de la mairesse de Longueuil. Ces investigations visent à comprendre les circonstances exactes de la mort de l'adolescent et à évaluer la légitimité de l'intervention policière.
La famille Rezayi a engagé plusieurs démarches juridiques pour obtenir justice. Elle a décidé de poursuivre la Ville de Longueuil et son service de police pour un montant de 2,2 millions d'euros, afin de faire reconnaître les responsabilités dans la mort de Nooran Rezayi. Par ailleurs, la famille a demandé à la Cour supérieure de connaître l'identité du policier ayant tiré sur leur fils, une information toujours non divulguée à ce jour. Cette demande devrait être examinée les 8 et 9 octobre 2026. Ces actions en justice reflètent la volonté de la famille de faire toute la lumière sur les événements et d'obtenir réparation pour le préjudice subi.
Les jeunes présents lors de la vigile ont exprimé une douleur profonde et un sentiment d'abandon face à la société. Le rappeur Shamyr Taleus-Louis, qui a participé à un atelier d'écriture avec des adolescents, a partagé leur sentiment de ne pas être compris ni protégés par leur communauté. Ils se perçoivent comme des cibles injustement accusées, alors qu'ils estiment ne pas être à l'origine des problèmes. Cette perception de persécution et d'incompréhension renforce leur sentiment d'isolement et de colère, illustrant les tensions entre les jeunes et les institutions dans ce contexte.

