Silences, larmes et incompréhension, un an après la mort de Nooran Rezayi
Un an après la mort de Nooran Rezayi, abattu par un policier à Longueuil, l’absence de réponses institutionnelles cristallise un sentiment d’injustice collective. Entre deuil familial, silence des proches et revendications portées par une jeunesse marginalisée, cette affaire révèle les fractures persistantes entre les institutions et les communautés, où la violence policière devient le symbole d’un système qui échoue à protéger les siens.
Quelles sont les zones d’ombre persistantes autour de la mort de Nooran Rezayi, un an après les faits ?
Malgré deux enquêtes (BEI et SPVM) et une enquête administrative, les questions centrales restent sans réponse : pourquoi Nooran Rezayi a-t-il été abattu ? Pourquoi l’intervention policière a-t-elle dégénéré en neuf secondes ? L’identité du policier ayant tiré n’a toujours pas été révélée, et les motivations de son geste demeurent inexpliquées, alimentant une frustration profonde au sein de sa famille et de son entourage.
Comment la famille de Nooran Rezayi et ses proches expriment-ils leur colère et leur incompréhension ?
La mère de Nooran Rezayi pleure quotidiennement, tandis que son oncle, Abdel Rezayi, est l’un des rares à s’exprimer publiquement, dénonçant l’absence de justice. Les autres proches et amis, eux, choisissent le silence comme acte de résistance, symbolisant une douleur trop grande pour être verbalisée. Le rappeur Shamyr Taleus-Louis incarne cette parole collective en transformant l’indicible en texte, reflétant le sentiment d’être incompris et persécuté par leur propre communauté.
Quelles actions judiciaires la famille a-t-elle engagées pour obtenir des réponses ?
La famille a lancé une poursuite civile contre la Ville de Longueuil et son service de police pour 2,2 millions de dollars, tout en demandant à la Cour supérieure de révéler l’identité du policier ayant tiré. Ces démarches, couplées à l’enquête administrative en cours, visent à briser l’opacité qui entoure l’affaire et à obtenir une forme de reconnaissance institutionnelle de la violence subie.
Ce que ça pourrait changer
Cette affaire pourrait renforcer les tensions entre les communautés marginalisées et les forces de l’ordre, surtout si les réponses attendues tardent ou se révèlent insatisfaisantes. Elle met en lumière l’urgence d’une réforme des pratiques policières et d’une transparence accrue, sous peine de voir s’installer un climat de défiance durable. Pour les jeunes impliqués, elle devient aussi un catalyseur de mobilisation, où l’art et la parole collective servent de leviers pour exiger des changements structurels.

