Guess who’s back ! Le Royaume-Uni va-t-il revenir au sein de l’Union européenne ?
L’ESSENTIEL Le débat sur l’Union européenne revient au premier plan au Royaume-Uni, sous l’impulsion du nouveau premier ministre Andy Burnham, favorable à un rapprochement avec l’UE, voire à un retour en bonne et due forme. Le contexte semble favorable : popularité en baisse de Reform UK, principal parti anti-UE, évolution démographique de l’électorat et volonté accrue d’une partie des nations constitutives du Royaume-Uni de se lier de nouveau à l’UE.
Andy Burnham, nouveau premier ministre travailliste du Royaume-Uni, a surpris en évoquant ouvertement un possible retour de son pays dans l’Union européenne (UE). Cette position marque un tournant par rapport aux gouvernements précédents, notamment celui de Keir Starmer (2020-2026), qui avait adopté une approche prudente sur le sujet. Burnham, europhile convaincu, souhaite que le Royaume-Uni réintègre l’UE de son vivant, mais cette ambition se heurte à des défis politiques et sociaux majeurs. Son élection en 2026 intervient dans un contexte où le parti conservateur, historiquement favorable au Brexit, perd du terrain, tandis que le parti d’extrême droite Reform UK, successeur du UKIP, voit sa popularité décliner. Burnham doit désormais naviguer entre ces forces contradictoires pour concrétiser son projet.
Le Brexit, décidé par référendum en 2016 avec 51,9 % des voix, reste un sujet clivant au Royaume-Uni. Dix ans après ce vote, le parti conservateur et Reform UK continuent de le présenter comme une réussite, tandis que les travaillistes, divisés sur la question, ont longtemps évité d’en faire une priorité. Le Brexit a entraîné des conséquences économiques et politiques, comme une désindustrialisation et une déréglementation accrue, selon Burnham. Les jeunes générations, plus europhiles, et les électeurs des nations celtiques (Écosse, Pays de Galles, Irlande du Nord) poussent désormais pour un rapprochement avec l’UE. Ces régions, où les velléités indépendantistes se renforcent, voient dans l’adhésion à l’UE un moyen de s’affranchir du centralisme de Londres.
Plusieurs éléments rendent le moment propice à un rapprochement avec l’UE. D’abord, la popularité de Reform UK est en baisse, passant derrière les travaillistes dans les sondages. Ensuite, le président français Emmanuel Macron a salué l’idée d’un retour du Royaume-Uni, sous réserve que celui-ci accepte les conditions de l’UE. Enfin, l’électorat évolue : les électeurs de 2016 favorables au Brexit vieillissent ou disparaissent, tandis que les jeunes, plus favorables à l’UE, gagnent en influence. Burnham mise sur cette dynamique pour tester l’opinion publique avant un sommet UE-Royaume-Uni prévu fin novembre 2026, où des options comme un modèle suisse ou un statut de membre associé pourraient être discutées.
Burnham n’exclut aucune option pour relancer les liens avec l’UE, allant d’un simple rapprochement à une réadhésion complète. Plusieurs modèles sont envisagés : le modèle suisse, qui implique une contribution financière et la liberté de circulation des personnes ; l’adhésion à l’Espace économique européen (EEE), qui offre l’accès au marché unique avec les quatre libertés fondamentales (marchandises, personnes, services, capitaux) ; ou encore un statut de membre associé, inspiré de l’accord récemment proposé au Canada. Cependant, chaque option pose des défis : un retour dans l’UE nécessiterait un nouveau référendum ou une promesse électorale, risquant de raviver les tensions politiques. De plus, les 27 États membres de l’UE exigeront des garanties, comme l’absence de nouveau référendum à court terme.
Malgré l’enthousiasme de Burnham, plusieurs obstacles rendent un retour dans l’UE très hypothétique. Sur le plan constitutionnel, il devra choisir entre organiser un nouveau référendum ou intégrer cette promesse dans le programme travailliste pour les élections de 2029, chacune de ces options risquant de diviser la population. Sur le plan économique, la question du budget européen se pose : le Royaume-Uni devra-t-il contribuer financièrement à l’UE, comme avant le Brexit, ou bénéficier d’un traitement spécial ? Enfin, l’UE exigera des garanties que le pays ne quittera pas à nouveau l’organisation, ce qui pourrait limiter la souveraineté britannique. Burnham lui-même reconnaît les risques, mais affirme vouloir rompre avec les politiques des 40 dernières années pour relancer l’économie et la cohésion du pays.

