“Nouvelle phase” en Syrie : l’intégration des institutions kurdes au sein de l’État est achevée
Le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a annoncé le 20 août l’achèvement de l’intégration des institutions militaires et civiles autonomes kurdes du nord-est de la Syrie à l’appareil d’État syrien. Prochain objectif : inscrire dans la Constitution les “droits légitimes” des Kurdes du pays..
Le 20 août 2026, Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), a annoncé que l’intégration des institutions kurdes autonomes du nord-est de la Syrie au sein de l’État syrien était désormais terminée. Les FDS, dominées par les Kurdes, étaient le bras armé de l’administration autonome mise en place pendant la guerre en Syrie (2011-2024). Cette intégration concerne à la fois les structures militaires, sécuritaires et administratives kurdes, qui sont désormais pleinement intégrées aux institutions nationales syriennes. Les FDS avaient joué un rôle clé dans la lutte contre l’État islamique (EI), avec le soutien d’une coalition internationale dirigée par les États-Unis. Cette annonce marque une étape importante dans la réintégration des territoires kurdes au sein de la Syrie, après des années de gouvernance autonome.
Cette intégration fait suite à un accord signé en janvier 2026 entre les autorités syriennes et les FDS, après des affrontements qui avaient permis au gouvernement syrien de reprendre une partie des territoires contrôlés par les Kurdes. Depuis, les forces gouvernementales ont repris le contrôle de villes comme Hassaké et Qamichli, ainsi que des champs pétroliers de la région. Les FDS ont été intégrées à l’armée syrienne sous forme de brigades composées d’anciens combattants des FDS, dirigées par d’anciens officiers kurdes. Le président de transition syrien, Ahmed El-Charaa, a nommé un Kurde gouverneur de la province de Hassaké et un ancien commandant des FDS adjoint du ministre de la Défense pour la région orientale. Ces mesures visent à consolider l’autorité de l’État syrien sur l’ensemble du territoire.
Malgré cette intégration, les Kurdes syriens maintiennent leurs revendications pour une reconnaissance constitutionnelle de leurs droits. Mazloum Abdi a déclaré que la lutte se poursuivrait pour inscrire dans la future Constitution syrienne les droits politiques et culturels légitimes du peuple kurde. Cette Constitution doit être rédigée et adoptée avant la fin de la période de transition, prévue pour durer cinq ans. Un premier pas avait été franchi en janvier 2026, lorsque Ahmed El-Charaa avait signé un décret reconnaissant le kurde comme langue nationale et accordant des droits nationaux aux Kurdes. Ces mesures marquent une rupture avec des décennies de politiques discriminatoires, où les Kurdes étaient empêchés d’enseigner leur langue ou de célébrer leurs fêtes.
Mazloum Abdi a également annoncé le départ de milliers de combattants kurdes étrangers, originaires d’Iran, d’Irak et de Turquie, qui avaient rejoint les FDS pour soutenir leur lutte. Leur présence, notamment autour du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), était une source de préoccupation pour la Turquie. Le départ de ces combattants pourrait apaiser les tensions régionales et faciliter les relations entre la Syrie et ses voisins. Cette décision s’inscrit dans une volonté de stabiliser la région et de renforcer la légitimité des institutions syriennes intégrées.
L’intégration des institutions kurdes marque une nouvelle phase pour la Syrie, après des années de conflit et de fragmentation territoriale. Cependant, des défis persistent, notamment la rédaction d’une Constitution inclusive et la garantie des droits des minorités. La période de transition, prévue pour durer cinq ans, sera cruciale pour consolider la paix et la stabilité. Les Kurdes, qui représentent environ 15 % de la population syrienne, espèrent que cette intégration leur permettra de bénéficier de droits égaux et d’une reconnaissance officielle de leur identité culturelle. L’évolution future dépendra de la capacité des autorités syriennes à concilier les aspirations des différentes communautés du pays.

