Les campagnes pour et contre la séparation de l’Alberta entrent dans la phase finale
Les Albertains doivent se prononcer le 19 octobre sur la tenue d’un référendum sur l’indépendance de la province..
Les Albertains, habitants de la province canadienne de l’Alberta, s’apprêtent à voter lors d’un référendum historique qui pourrait redéfinir leur place au sein du Canada. Les bureaux de vote par anticipation ouvrent le mardi 13 octobre 2026, et le scrutin officiel a lieu le lundi 19 octobre 2026. Les électeurs devront répondre à dix questions, dont une centrale : celle de savoir si l’Alberta doit rester au sein du Canada ou organiser un deuxième référendum contraignant sur sa sortie du pays. Ce vote intervient dans un contexte de tensions politiques et économiques, où certains Albertains expriment un sentiment de désillusion envers le gouvernement fédéral. Les résultats de ce référendum pourraient avoir des conséquences majeures sur l’unité canadienne, même si les sondages indiquent une préférence majoritaire pour le maintien dans la Confédération.
Les principaux partis politiques canadiens et albertains prennent position dans ce référendum. Le premier ministre canadien Mark Carney, membre du Parti libéral, a appelé à l’unité nationale lors d’une vidéo diffusée pour l’Action de grâce, soulignant que le Canada offre des droits, des libertés et des opportunités uniques. Il a également évoqué des projets fédéraux comme un nouvel oléoduc et des dépenses militaires pour convaincre les Albertains de rester. À l’inverse, l’UCP (United Conservative Party), dirigé par la première ministre Danielle Smith, défend une vision plus autonome pour l’Alberta, bien qu’elle ne prône pas explicitement la séparation. Le Parti conservateur fédéral, mené par Pierre Poilievre, et le Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Alberta, dirigé par Naheed Nenshi, s’opposent tous deux à une éventuelle séparation. Le NPD a mobilisé plus de 15 000 bénévoles pour promouvoir l’unité canadienne.
Les deux camps, pro-Canada et pro-séparation, organisent des rassemblements et des campagnes de porte-à-porte pour convaincre les électeurs. Le groupe fédéraliste Forever Canadian prévoit des événements à Calgary et Edmonton, tandis que le mouvement Let Alberta Decide, favorable à une séparation, organise un rassemblement samedi à Edmonton. La Fédération du travail de l’Alberta, elle, soutient l’unité canadienne avec un événement dimanche. Le député Dane Lloyd, du Parti conservateur fédéral, insiste sur l’importance de la participation électorale, affirmant que « rien ne remplace l’engagement direct ». Danielle Smith, première ministre albertaine, a investi 4 millions de dollars dans une campagne publicitaire en faveur d’une « Alberta forte et souveraine au sein d’un Canada uni ».
Danielle Smith, première ministre albertaine et figure de l’UCP, fait l’objet de critiques de la part des deux camps. Le NPD l’accuse de ne pas suffisamment défendre l’unité canadienne, soulignant que certains membres de son gouvernement sont partis en voyage à l’étranger pendant la campagne référendaire. Smith rejette ces accusations et affirme avoir clairement exprimé son attachement au Canada. Elle est également critiquée par les séparatistes radicaux, qui jugent sa position trop modérée, et par les fédéralistes, qui la voient comme une figure ambiguë, à la fois pyromane et pompière. Smith a déclaré qu’une majorité simple, dans un sens ou dans l’autre, suffirait pour faire pencher la balance lors du référendum.
Les Albertains devront répondre à dix questions lors du référendum. La dixième question porte sur la séparation de l’Alberta du Canada. Les neuf premières questions concernent des sujets comme l’immigration et la Constitution. Par exemple, les électeurs seront invités à se prononcer sur le fait que la province devrait avoir davantage son mot à dire sur les personnes autorisées à immigrer, ou sur la possibilité d’imposer des restrictions ou des frais à certaines personnes arrivant au Canada. D’autres questions demandent aux Albertains de donner leur accord pour entamer des discussions avec d’autres provinces afin de retirer des pouvoirs au gouvernement fédéral et d’abolir le Sénat. Danielle Smith espère que les Albertains voteront « oui » aux neuf premières questions pour renforcer sa position dans les négociations avec Ottawa.
Le référendum sur la séparation de l’Alberta s’inscrit dans un contexte de tensions politiques et économiques. L’UCP de Danielle Smith n’a jamais fait campagne en faveur d’un référendum sur la séparation lors des élections de 2023, mais Smith affirme que la colère et la désillusion envers le gouvernement fédéral, notamment sous l’ancien premier ministre Justin Trudeau, ont poussé des centaines de milliers d’Albertains à signer des pétitions pour ou contre la Confédération. Les sondages indiquent que les Albertains sont majoritairement favorables au maintien au sein du Canada. Certains observateurs estiment que ce référendum vise davantage à apaiser les séparatistes radicaux au sein de l’UCP qu’à organiser une véritable séparation. Les résultats du référendum seront connus tôt le lendemain matin, avec la question de la séparation dépouillée en premier.

