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Géopolitique

Face au nouveau désordre mondial, nous ne sommes pas prêts

Courrier International · mis à jour 4 oct.

Guerres asymétriques, dérèglement climatique, révolution de l’IA… Dans cet essai remarqué, publié par “The New York Times”, l’historienne canadienne Margaret MacMillan argue que le monde est engagé dans une nouvelle phase à laquelle ni ses dirigeants, ni ses institutions, ni ses citoyens ne sont réellement préparés..

Nouvel ordre mondial

L’historienne canadienne Margaret MacMillan, dans un essai publié par The New York Times en octobre 2026, décrit un nouveau désordre mondial caractérisé par des bouleversements majeurs auxquels ni les dirigeants, ni les institutions, ni les citoyens ne sont préparés. Ce désordre se manifeste par trois crises interconnectées : les guerres asymétriques (conflits où des groupes non étatiques comme des milices ou des organisations terroristes affrontent des États), le dérèglement climatique (perturbations environnementales accrues comme les canicules, les inondations ou la montée des eaux), et la révolution de l’intelligence artificielle (IA) (avancées technologiques rapides modifiant les économies, les emplois et les rapports de force géopolitiques). L’auteure souligne que ces phénomènes, bien que visibles, sont souvent sous-estimés ou mal interprétés, comme on peut ignorer les signes avant-coureurs d’un orage avant qu’il ne frappe.

Signes avant-coureurs ignorés

Margaret MacMillan utilise la métaphore d’un orage pour illustrer la difficulté à anticiper les crises. Elle explique que, comme pour la météo, les sociétés humaines produisent des signes avant-coureurs avant un bouleversement majeur. Par exemple, les tensions géopolitiques (comme la guerre en Ukraine ou les conflits en Iran), les inégalités économiques croissantes ou les avancées technologiques incontrôlées (comme l’IA) sont des indicateurs souvent négligés. L’auteure cite l’exemple du docteur Pangloss, personnage de Voltaire qui croit que « tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles », illustrant ainsi l’aveuglement volontaire ou involontaire face aux dangers. Ces signes, bien que présents, sont parfois minimisés jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour agir efficacement.

Rôle des institutions

Selon MacMillan, les institutions internationales (comme l’ONU) et les États sont mal préparés à gérer ce nouveau désordre en raison de leur rigidité et de leur lenteur à s’adapter. L’ONU, créée en 1945 pour éviter les conflits mondiaux, peine à faire face aux guerres asymétriques ou aux crises climatiques, car ses mécanismes de décision reposent sur des États souverains souvent en désaccord. De même, les démocraties occidentales, habituées à un ordre mondial relativement stable depuis la fin de la Guerre froide, peinent à anticiper les chocs systémiques. L’auteure souligne que ces institutions, conçues pour un monde du XXe siècle, ne répondent plus aux défis du XXIe siècle, où les menaces sont transnationales et imprévisibles.

Menaces transnationales

Les trois crises identifiées par MacMillan – guerres asymétriques, dérèglement climatique et révolution de l’IA – ont une caractéristique commune : elles transcendent les frontières nationales. Les guerres asymétriques, par exemple, impliquent des acteurs non étatiques (comme Daech ou des milices locales) qui opèrent au-delà des cadres traditionnels de la guerre. Le dérèglement climatique, quant à lui, affecte tous les pays, mais de manière inégale : les petits États insulaires risquent de disparaître en raison de la montée des eaux, tandis que les grandes puissances pourraient subir des migrations massives. Enfin, l’IA, bien que prometteuse, pose des défis éthiques et sécuritaires globaux, comme la désinformation ou les cyberattaques, que les États peinent à réguler seuls.

Ce que ça pourrait changer

L’essai de MacMillan insiste sur l’urgence pour les sociétés de s’adapter à ce nouveau contexte. Elle rappelle que les révolutions et les bouleversements historiques (comme la chute du mur de Berlin en 1989 ou les printemps arabes en 2011) ont souvent été précédés par des signes avant-coureurs ignorés. L’auteure cite des exemples comme la crise financière de 2008 ou la pandémie de COVID-19 en 2020, où les alertes avaient été sous-estimées. Pour éviter une nouvelle crise systémique, elle appelle à repenser les institutions, à renforcer la coopération internationale et à préparer les citoyens à un monde plus incertain. Sans ces mesures, le risque est de subir des bouleversements brutaux plutôt que de les anticiper.

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