Tarifs américains : « toutes les options » sont sur la table s’ils entrent en vigueur
Mark Carney va rencontrer ses homologues provinciaux au lendemain de nouveaux tarifs américains..
Le gouvernement américain menace d'appliquer de nouveaux droits de douane de 50 % sur une large gamme de produits canadiens, dont des boissons alcoolisées, du miel, du ciment et des bâtons de hockey. Ces tarifs, annoncés dans 29 jours, s'appuient sur l'article 338 de la Loi tarifaire de 1930, une disposition qui permet au président américain de taxer les importations d'un pays accusé de restrictions abusives ou de discrimination commerciale. Cette loi, datant de près d'un siècle, est rarement utilisée de manière aussi large, ce qui souligne l'ampleur de la mesure. Les produits ciblés représentent une part significative des échanges entre les deux pays, avec des conséquences potentielles pour les consommateurs et les entreprises des deux côtés de la frontière.
Face à cette menace, le Canada prépare une réponse. Mark Carney, figure économique majeure et ancien gouverneur de la Banque du Canada, a indiqué que le gouvernement fédéral évaluerait toutes les options si ces tarifs entraient en vigueur. Il a précisé avoir discuté avec le président américain Donald Trump lors d'un échange téléphonique, tout en soulignant que les deux dirigeants s'étaient engagés à intensifier les négociations autour de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), aussi appelé USMCA en anglais. Cet accord, entré en vigueur en 2020, remplace l'ancien ALENA et encadre les échanges commerciaux entre les trois pays. Carney doit également consulter les provinces et territoires lors d'une rencontre virtuelle à Charlottetown, sur l'Île-du-Prince-Édouard.
Les États-Unis justifient ces tarifs en pointant trois mesures canadiennes qu'ils jugent discriminatoires. D'abord, le retrait de l'alcool américain des tablettes dans plusieurs provinces et territoires canadiens, une décision perçue comme une entrave à la libre circulation des produits. Ensuite, les droits de douane et les quotas imposés sur les véhicules américains importés par le Canada, qui limitent l'accès au marché canadien pour les constructeurs des États-Unis. Enfin, les mesures protectionnistes dans l'industrie laitière canadienne, notamment les quotas de production et les prix garantis, qui restreignent les importations de produits laitiers américains. Ces pratiques, selon Washington, violent les règles de l'ACEUM et justifient des représailles commerciales.
Les négociations entre les deux pays s'annoncent tendues, avec un calendrier serré : les tarifs pourraient entrer en vigueur dans 29 jours, laissant peu de temps pour trouver un compromis. Le Canada, qui dépend fortement des échanges avec son voisin du sud, craint des répercussions économiques majeures, notamment une hausse des prix pour les consommateurs et des perturbations pour les entreprises. Les provinces et territoires, réunis au *Conseil de la fédération*, joueront un rôle clé dans la coordination de la réponse canadienne. Leur rencontre à Charlottetown vise à aligner les positions des différentes régions, dont les intérêts économiques varient, mais qui partagent une volonté de défendre les échanges bilatéraux.

