Trump tente à nouveau de contester le droit du sol
Le président avait tenté de supprimer le droit du sol pour les enfants d'immigrés en situation irrégulière..
Donald Trump, président des États-Unis, a signé un décret visant à limiter le droit du sol, une règle constitutionnelle qui accorde automatiquement la citoyenneté américaine à toute personne née sur le territoire, y compris les enfants de parents étrangers en situation irrégulière ou temporaire. Ce décret s’attaque spécifiquement au tourisme des naissances, une pratique marginale où des femmes étrangères viennent accoucher aux États-Unis pour que leur enfant obtienne la nationalité américaine. Trump a qualifié de « très malheureuse » une récente décision de la Cour suprême qui a confirmé la validité du droit du sol, selon le 14e amendement de la Constitution américaine. Ce dernier, adopté en 1868, garantit la citoyenneté à toute personne née aux États-Unis, sans distinction d’origine ou de statut migratoire de ses parents.
En 2026, Trump avait déjà tenté de supprimer le droit du sol pour les enfants de parents en situation irrégulière, mais la Cour suprême avait invalidé son décret en juillet 2026. Le nouveau texte se concentre sur une pratique beaucoup plus rare : le tourisme des naissances, qui représenterait moins de 1 % des naissances annuelles aux États-Unis. Selon les experts, environ 250 000 enfants naissent chaque année aux États-Unis de parents en situation irrégulière ou de résidents temporaires, mais seulement quelques milliers de cas pourraient correspondre à un tourisme des naissances. Trump affirme que ce phénomène est un « abus grave » du système, bien que son ampleur réelle soit débattue.
Le décret signé par Trump élargit les catégories de personnes exclues du droit du sol, notamment les membres d’organisations terroristes ou les personnes agissant pour le compte de gouvernements étrangers. Cependant, les détails concrets de ces nouvelles restrictions restent flous, car elles s’ajoutent à des règles déjà existantes. Stephen Miller, conseiller proche de Trump et architecte de sa politique migratoire restrictive, a décrit le tourisme des naissances comme l’un des « abus les plus flagrants » du droit américain. Malgré ces déclarations, les spécialistes soulignent que l’impact réel de ces mesures serait limité, en raison de la faible fréquence du phénomène visé.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de Donald Trump, qui a fait de la restriction de l’immigration un pilier de sa politique depuis son retour à la présidence. Ses mesures précédentes, comme la suppression du droit du sol, avaient été bloquées par la justice, ce qui avait conduit à ce nouveau décret plus ciblé. La Cour suprême, composée majoritairement de juges conservateurs nommés par Trump, avait déjà bloqué son premier décret en 2026. Le président espère cette fois que sa nouvelle approche, centrée sur un phénomène marginal, sera jugée conforme à la Constitution, mais les experts restent sceptiques quant à sa légalité.
Les défenseurs des droits des migrants critiquent ces mesures, les jugeant inefficaces et discriminatoires, tandis que les partisans de Trump y voient une nécessaire protection des lois américaines. Le débat porte notamment sur l’interprétation du 14e amendement, qui reste un texte fondateur aux États-Unis. Les chiffres avancés par l’administration Trump pour justifier ces restrictions (comme le nombre de naissances concernées) sont contestés par les spécialistes, qui rappellent que le tourisme des naissances reste un phénomène marginal. L’issue de ce nouveau décret dépendra des décisions futures de la justice américaine.

