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Droit

Guerre au Yémen : Volker Türk « consterné » par le nombre croissant de victimes civiles

ONU : Droits humains · mis à jour il y a 20 j

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit jeudi « consterné » par le nombre croissant de victimes civiles au Yémen, alors que la reprise des combats entre les rebelles houthis (mouvement Ansar Allah) et les forces progouvernementales continue d’aggraver les souffrances d’une population déjà épuisée par des années de conflit..

Crise humanitaire au Yémen

Le Yémen traverse une crise humanitaire majeure depuis plusieurs années, aggravée par une guerre opposant les rebelles houthis, aussi appelés Ansar Allah, et les forces progouvernementales soutenues par une coalition dirigée par l'Arabie saoudite. Ces combats ont causé des souffrances immenses à la population civile, déjà épuisée par des années de conflit. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé sa consternation face à la hausse des victimes civiles, soulignant que ces personnes ne doivent jamais être prises pour cible. Depuis le début du mois d’août 2026, au moins 125 civils ont été tués ou blessés dans des attaques attribuées aux Houthis, dont 32 morts depuis le début du mois, incluant 15 enfants et trois femmes. Trois attaques ont visé des sites accueillant des personnes déplacées dans le gouvernorat de Ma’rib, les 7 août, 7 et 9 septembre 2026.

Rôle des Houthis et de l’Iran

Les Houthis, un mouvement armé aussi connu sous le nom d’Ansar Allah, sont alliés à l’Iran et combattent les forces progouvernementales yéménites. Leur reprise des hostilités en août 2026 a entraîné une escalade des violences, avec des conséquences dramatiques pour les civils. Selon les données du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), les Houthis sont responsables d’au moins 125 victimes civiles depuis le début du mois d’août. Ces attaques incluent des frappes contre des camps de déplacés, comme ceux de Ma’rib, où des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions précaires. Les Houthis sont également critiqués pour la détention arbitraire de 73 membres du personnel des Nations Unies et d’autres personnes, dont certaines sont détenues depuis plusieurs années sans protection légale.

Soutien international aux belligérants

Les forces progouvernementales yéménites reçoivent le soutien d’une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, un acteur clé dans le conflit. Cette coalition intervient pour soutenir le gouvernement reconnu internationalement contre les Houthis. Cependant, malgré les annonces de zones désignées comme zones de tir par le gouvernement yéménite, le droit international humanitaire reste applicable. Volker Türk a rappelé que ces zones ne doivent pas priver les civils de leur protection, qui est absolue selon le droit international. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme insiste sur l’obligation des parties au conflit de distinguer en permanence entre civils et combattants, ainsi qu’entre biens civils et objectifs militaires, afin de minimiser les dommages causés aux populations.

Déplacements massifs de population

La reprise des combats a provoqué de nouveaux déplacements massifs au Yémen. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 135 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays depuis août 2026, tandis que 3 000 autres ont fui vers Djibouti. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que 230 000 personnes déplacées au Yémen et 10 000 réfugiés à Djibouti pourraient avoir besoin d’une assistance humanitaire dans les mois à venir. Ces déplacements aggravent une situation déjà critique, où des millions de Yéménites dépendent de l’aide internationale pour survivre. Les camps de déplacés, souvent surpeuplés et mal équipés, deviennent des cibles vulnérables lors des attaques.

Ce que ça pourrait changer

Face à l’aggravation de la crise, Volker Türk a appelé toutes les parties au conflit à faciliter l’acheminement rapide et sans entrave de l’aide humanitaire vers les civils. Il a insisté sur la nécessité de protéger les personnes fuyant les combats et de leur garantir un accès sécurisé à la nourriture, à l’eau, à un abri, aux soins de santé et à d’autres services essentiels. Le Haut-Commissaire a également renouvelé son appel à la libération immédiate des 73 membres du personnel des Nations Unies et d’autres personnes détenues arbitrairement par les Houthis, dont certaines sont détenues depuis plusieurs années. Leur détention prolongée, qualifiée d’*intolérable* et d’*inacceptable*, aggrave les risques pour leur sécurité dans un contexte de reprise des combats.

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