Quiz – Connaissez-vous vraiment l’histoire du riz ?
Au VIIIᵉ siècle, les Maures venus d'Afrique du Nord ont introduit le riz dans la péninsule Ibérique, où sa culture s'est progressivement implantée. Matheus Bertelli/Pexels Le riz accompagne l’humanité depuis des milliers d’années.
Le riz est une céréale dont la culture accompagne l’humanité depuis des millénaires. Les premières traces de sa domestication remontent à environ 10 000 ans, principalement en Asie, où il aurait été cultivé dès le néolithique. Cette période marque le passage des sociétés de chasseurs-cueilleurs à des communautés sédentaires, grâce à l’agriculture. Le riz sauvage, Oryza rufipogon, a été progressivement transformé en variétés domestiquées, comme Oryza sativa, l’espèce la plus répandue aujourd’hui. Ces premières cultures se sont développées dans des régions aujourd’hui situées en Chine, en Inde et en Asie du Sud-Est, où les conditions climatiques humides et chaudes étaient favorables à sa croissance. Le riz est devenu une base alimentaire essentielle pour des civilisations entières, notamment en Chine, où des textes anciens mentionnent sa culture dès 5 000 avant notre ère.
L’introduction du riz en Europe s’est faite progressivement, principalement grâce aux échanges culturels et commerciaux. Au VIIIᵉ siècle, les Maures, des populations venues d’Afrique du Nord, ont apporté cette céréale dans la péninsule Ibérique lors de leur conquête de la région. Les Maures, qui dominaient alors l’Espagne et le Portugal, ont introduit des techniques agricoles adaptées, comme l’irrigation, pour cultiver le riz dans des zones marécageuses. Cette culture s’est ensuite étendue à d’autres régions d’Europe, notamment en Italie, où elle a donné naissance à des plats emblématiques comme la risotto. Aujourd’hui, l’Espagne et l’Italie restent des producteurs majeurs de riz en Europe, avec des variétés comme le riz Bomba ou le riz Carnaroli, très prisées pour leur capacité à absorber les saveurs.
Le riz a joué un rôle clé dans les échanges commerciaux à l’échelle mondiale, notamment grâce à la route de la soie, un réseau d’échanges commerciaux reliant l’Asie à l’Europe dès l’Antiquité. Cette céréale, facile à transporter et à stocker, est devenue un produit d’exportation majeur pour des pays comme la Chine et l’Inde, qui dominaient sa production. Au fil des siècles, le riz a été introduit dans de nouvelles régions, comme l’Afrique de l’Est et les Amériques, souvent par le biais des colonisations européennes. Par exemple, les Espagnols et les Portugais ont transporté des variétés de riz en Amérique latine au XVIᵉ siècle, où il s’est intégré aux cuisines locales, donnant naissance à des plats comme la paella ou le riz au lait. Aujourd’hui, le riz est la deuxième céréale la plus consommée au monde, après le maïs, avec une production annuelle dépassant les 500 millions de tonnes.
La culture du riz, bien qu’essentielle pour nourrir des milliards de personnes, pose des défis environnementaux majeurs. Les rizières, souvent inondées pour favoriser la croissance des plants, consomment d’énormes quantités d’eau : environ 2 500 litres sont nécessaires pour produire 1 kilogramme de riz. Cette pratique contribue à l’épuisement des ressources en eau douce, un enjeu critique dans des régions comme l’Asie du Sud-Est, où la demande en eau augmente avec la croissance démographique. De plus, les rizières émettent du méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone, en raison de la décomposition de la matière organique dans les sols inondés. Pour réduire cet impact, des techniques alternatives, comme la culture du riz en système de riziculture intensive (SRI), sont expérimentées. Cette méthode, qui limite l’inondation des champs, permet de réduire la consommation d’eau de 30 % et les émissions de méthane de 50 %.
Le riz est une source majeure de calories pour près de la moitié de la population mondiale, notamment en Asie, où il représente jusqu’à 50 % de l’apport énergétique quotidien dans certains pays. Cependant, sa production et sa distribution soulèvent des questions d’équité et de sécurité alimentaire. Par exemple, les pays en développement, où la consommation de riz est la plus élevée, sont souvent dépendants des importations pour répondre à la demande, ce qui les rend vulnérables aux fluctuations des prix sur les marchés internationaux. En 2022, les prix du riz ont augmenté de 20 % en raison de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, causées par la pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine. Ces crises ont mis en lumière l’importance de renforcer les systèmes agricoles locaux et de diversifier les sources de nourriture pour garantir un accès équitable au riz pour tous.

