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Économie

Budget : quels retraités vont passer à la caisse ?

Alternatives Économiques · mis à jour 22 sept.

Le gouvernement prévoit une potion très amère pour les retraités. Entre sous-indexation, gel des pensions et limitation de l'abattement forfaitaire, seul un tiers des pensionnés devrait échapper au coup de rabot..

Mesures envisagées

Le gouvernement français envisage plusieurs mesures pour réduire les dépenses publiques liées aux retraites dans le cadre du budget 2027. Ces propositions incluent le gel des pensions de base pour les retraités percevant plus de 2 034 € par mois, une sous-indexation des pensions comprises entre 1 260 € et 2 034 €, et une limitation de l'abattement fiscal de 10 % actuellement accordé aux retraités. L'objectif est de réaliser des économies estimées à 6 milliards d'euros pour la désindexation totale des retraites et 1,4 milliard d'euros pour la réduction de l'abattement fiscal. Ces mesures s'inscrivent dans un contexte de recherche d'économies budgétaires, avec un projet de loi de financement de la Sécurité sociale en discussion à partir d'octobre 2026.

Cibles des mesures

Les mesures ciblent principalement les retraités aux revenus les plus élevés, mais aussi une partie des retraités aux revenus intermédiaires. Selon les chiffres de la Drees (service statistique des ministères sociaux) pour 2020, 28 % des retraités perçoivent plus de 2 000 € par mois, 35 % entre 1 200 € et 2 000 €, et 37 % moins de 1 200 €. Les retraités gagnant moins de 1 260 € par mois seraient épargnés par le gel des pensions, mais ceux gagnant entre 1 260 € et 2 034 € verraient leurs pensions progresser moins vite que l'inflation, entraînant une baisse de leur pouvoir d'achat réel. Les retraités les plus aisés seraient donc les plus touchés, mais les classes moyennes pourraient aussi subir des pertes.

Impact fiscal

L'abattement fiscal de 10 % actuellement appliqué aux retraités pour le calcul de l'impôt sur le revenu serait plafonné à 3 000 € par foyer fiscal, contre 4 339 € auparavant. Cette mesure vise à réduire les avantages fiscaux pour les retraités imposables, avec des économies estimées à 1,4 milliard d'euros. Environ 47,3 % des ménages incluant au moins un retraité ne paient pas d'impôt en 2023, ce qui signifie que cette mesure n'affectera pas directement ces foyers. En revanche, les retraités de la classe moyenne et supérieure verront leur charge fiscale augmenter, car le plafonnement de l'abattement réduira leur réduction d'impôt. Cette mesure s'ajoute à la sous-indexation ou au gel des pensions pour certains retraités.

Réactions politiques

Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a présenté ces mesures comme un budget de départ encore susceptible d'évolutions, devant être adopté en Conseil des ministres début octobre 2026, puis discuté au Parlement. Il a justifié ces mesures en affirmant que 2 000 € de pension permettent de vivre correctement, tout en reconnaissant ne pas connaître le nombre exact de retraités gagnant plus de 2 000 € par mois. Selon les données disponibles, ce chiffre s'élève à 28 % des retraités. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait précédemment évoqué une volonté d'épargner les petites pensions, mais les mesures proposées montrent que l'étau se resserre sur une part importante des retraités, y compris ceux aux revenus intermédiaires.

Ce que ça pourrait changer

Les retraités concernés par ces mesures subiront une baisse de leur pouvoir d'achat réel, car la sous-indexation ou le gel de leurs pensions ne permettra pas de suivre l'inflation. Pour les retraités entre 1 200 € et 2 000 €, la progression nominale de leurs pensions sera insuffisante pour compenser la hausse des prix. Les retraités gagnant plus de 2 034 € verront leurs pensions stagner, voire baisser en termes réels. En outre, ceux qui paient des impôts verront leur abattement fiscal réduit, ce qui augmentera leur charge fiscale. Seuls les retraités gagnant moins de 1 260 € et ceux ne payant pas d'impôt seront relativement épargnés par ces mesures.

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