Le dirigeant de Taïwan dit augmenter les dépenses militaires pour éviter une guerre
Les 23 millions d'habitants de Taïwan vivent sous la menace constante d'une attaque de la Chine..
Taïwan, une île démocratique de 23 millions d’habitants située à environ 180 kilomètres des côtes chinoises, est au cœur d’un conflit territorial non résolu. La Chine considère Taïwan comme une partie intégrante de son territoire et menace d’utiliser la force pour l’annexer, notamment depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Cette guerre avait opposé les forces nationalistes de Chiang Kaï-chek, vaincues par les communistes de Mao Zedong, qui s’étaient repliées sur l’île. Depuis, Taïwan fonctionne comme un État de facto indépendant, bien que non reconnu officiellement par la communauté internationale. La Chine exerce une pression militaire constante sur Taïwan, notamment en menant des exercices militaires réguliers dans le détroit de Taïwan, une zone maritime stratégique séparant l’île du continent chinois.
Le président taïwanais Lai Ching-te a annoncé une hausse record des dépenses militaires pour l’année 2027, avec un budget de 1 100 milliards de nouveaux dollars taïwanais (soit 34,5 milliards de dollars américains ou 30,8 milliards d’euros). Ce montant représente plus de 3 % du produit intérieur brut (PIB) de Taïwan, un niveau historiquement élevé. L’objectif affiché n’est pas de provoquer un conflit, mais de dissuader une attaque chinoise en renforçant les capacités de défense de l’île. Cette décision s’inscrit dans une tendance de hausse continue des dépenses militaires taïwanaises depuis une décennie. Le gouvernement cherche également à rassurer les États-Unis, principal allié de Taïwan, sur la capacité de l’île à assurer sa propre sécurité.
Pour Taïwan, l’augmentation des dépenses militaires vise à éviter une guerre en rendant toute invasion chinoise trop coûteuse ou risquée. Le président Lai a souligné que la paix ne peut reposer uniquement sur des « vœux » et que la tolérance ne doit pas encourager les agressions. La Chine, de son côté, accuse Taïwan de chercher à progresser vers l’indépendance par des moyens militaires et en s’appuyant sur le soutien étranger, tout en attisant les tensions dans le détroit. Les exercices militaires chinois, souvent qualifiés d’activités dans les zones grises, visent à modifier le statu quo actuel, c’est-à-dire l’équilibre précaire qui existe aujourd’hui entre les deux rives du détroit.
Les États-Unis jouent un rôle central dans la sécurité de Taïwan, bien qu’ils n’aient plus de relations diplomatiques officielles avec Taipei depuis près de 50 ans. Washington reste le principal fournisseur d’armes de l’île et maintient une politique de soutien sécuritaire, sans pour autant reconnaître Taïwan comme un État indépendant. Cette ambiguïté stratégique, appelée politique d’ambiguïté délibérée, vise à éviter une escalade tout en décourageant une invasion chinoise. Cependant, des inquiétudes ont émergé après des déclarations de Donald Trump en mai 2026, suggérant que les ventes d’armes à Taïwan pourraient servir de monnaie d’échange avec la Chine. Taïwan a fermement rejeté cette idée, insistant sur le fait que son autonomie ne peut être négociée.
Les déclarations du président Lai ont été faites lors des célébrations du 115e anniversaire de la chute de la dynastie Qing en Chine et de la fondation de la *République de Chine* (nom officiel de Taïwan). Ces festivités, marquées par un défilé militaire et des spectacles, ont rassemblé des milliers de personnes, dont des diplomates étrangers. Elles symbolisent la résistance de Taïwan face aux pressions chinoises. Parallèlement, le président du Parlement taïwanais, Han Kuo-yu, membre d’un parti d’opposition favorable à un rapprochement avec la Chine, a reconnu l’importance du soutien américain pour la sécurité de l’île, tout en soulignant les liens historiques et culturels avec le continent chinois.

