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Société

En refoulant leurs émotions au travail, les femmes pourraient bien foutre en l'air leur carrière

Slate FR · mis à jour 28 sept.

Les femmes dissimulent souvent leur stress pour éviter de paraître trop émotives. Mais garder le silence peut avoir des conséquences néfastes sur leur carrière..

Gestion silencieuse des émotions

Le hushed coping désigne une stratégie où une personne, souvent sous pression au travail, choisit de ne pas exprimer ses émotions négatives comme le stress ou la colère. Elle peut adopter des comportements comme maintenir un sourire permanent ou s’isoler pour évacuer ses tensions en privé. Cette approche est particulièrement répandue chez les femmes, qui craignent d’être perçues comme peu professionnelles si elles montrent trop d’émotions au travail. Selon Léonie Kennepohl, experte en leadership féminin et cofondatrice de la plateforme Female x Finance, les femmes ressentent intensément les émotions liées au travail mais peinent à les exprimer ouvertement en raison des stéréotypes persistants.

Impact sur la carrière

Cette tendance à refouler ses émotions, surnommée le modèle «Tais-toi et bosse», peut avoir des conséquences néfastes sur la carrière des femmes. Une étude menée sur 115 femmes travaillant dans le secteur public révèle que 55 % d’entre elles estiment devoir dissimuler leurs véritables sentiments au travail. Parmi les émotions les plus souvent cachées, on trouve la colère (43 %), l’irritation (40 %), le sentiment d’impuissance (37 %) et la tristesse (34 %). En adoptant cette stratégie, les femmes réduisent leurs chances d’être remarquées, écoutées ou promues, car elles évitent les conversations difficiles, refusent des opportunités ou acceptent des charges de travail excessives par peur d’être jugées émotives.

Spirale négative et auto-censure

Les femmes ont tendance à s’enfermer dans une spirale négative en supposant, sans les exprimer, ce que l’entreprise attend d’elles. Par exemple, elles peuvent éviter de demander une promotion par peur de paraître trop exigeantes ou de fixer des limites par crainte d’être perçues comme conflictuelles. Kristine Sickels, PDG et cofondatrice du cabinet de conseil Mic Drop Workshop, souligne que cette auto-censure se manifeste aussi par le fait de ravaler des remarques ou de ne pas exprimer ses besoins. Cette attitude limite leur progression professionnelle et peut aggraver leur sentiment de frustration ou d’épuisement.

Ce que ça pourrait changer

Pour sortir de cette dynamique, les expertes recommandent de commencer par identifier des interlocuteurs de confiance au sein de l’organisation. Léonie Kennepohl conseille de s’adresser à une personne expérimentée, qui connaît la culture de l’entreprise et peut guider vers une communication plus honnête. Ces échanges permettent souvent de briser l’isolement et d’ouvrir la voie à une expression plus authentique des émotions. L’objectif est de transformer une gestion silencieuse des émotions en une gestion constructive, favorisant ainsi une meilleure reconnaissance professionnelle et une carrière plus épanouie.

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