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Après des décennies face aux tueurs en série, cette ancienne agente du FBI a identifié leur point commun

François Montcorbier· 5 août 2026

Candice DeLong, qui a interrogé des dizaines de meurtriers au cours de sa carrière, estime qu'un trait psychologique distingue systématiquement les criminels les plus dangereux: l'absence de culpabilité.

Résumé

1

Parcours atypique

Candice DeLong, septuagénaire aujourd’hui, a débuté sa carrière comme infirmière psychiatrique à l’hôpital universitaire Northwestern de Chicago.

Son travail consistait à soigner des patients atteints de maladies mentales graves.

À 30 ans, un agent du FBI présent à l’une de ses conférences lui propose de rejoindre l’institution.

Elle intègre alors le FBI et y passe vingt ans à enquêter sur des crimes violents en tant que profileuse.

Ce métier consiste à analyser les comportements criminels pour établir le profil psychologique des délinquants, puis des tueurs.

Après sa carrière au FBI, elle devient présentatrice de télévision et autrice, interviewant pendant des années des meurtriers condamnés.

Son expérience unique, à la fois médicale et policière, lui a permis d’acquérir une vision particulière de la criminalité violente.

2

Tueurs en série et psychopathie

Selon Candice DeLong, après des décennies d’études et d’interviews de tueurs en série, elle n’a jamais rencontré de cas où le meurtrier ne présentait pas de traits de psychopathie.

La psychopathie est un trouble de la personnalité caractérisé par un manque d’empathie, de remords et une incapacité à ressentir de la culpabilité.

Contrairement à une personne psychotique qui perd contact avec la réalité (par exemple à travers des hallucinations), un psychopathe comprend parfaitement ses actes mais n’éprouve aucune émotion les concernant.

Ce détachement émotionnel explique pourquoi certains tueurs en série peuvent répéter leurs crimes sans aucune gêne, voire reviennent sur les lieux de leurs méfaits ou conservent des souvenirs de leurs victimes pour revivre l’expérience.

3

Rôle de l'enfance

Beaucoup de tueurs en série ont vécu des enfances marquées par des traumatismes, tels que négligence, violences physiques ou abus sexuels.

Cependant, Candice DeLong souligne que ces expériences ne suffisent pas à expliquer pourquoi une personne devient tueur en série.

Le facteur déterminant réside dans ce qui se passe après le premier meurtre : si le criminel échappe à la capture ou en tire un bénéfice, ce « succès » renforce son comportement.

Chaque meurtre impuni diminue son anxiété et le convainc qu’il peut recommencer, transformant ainsi un meurtrier isolé en serial killer.

Ce mécanisme repose sur un apprentissage par la répétition et l’impunité, bien plus que sur une folie incontrôlable.

4

Unabomber et autres affaires

Parmi les enquêtes majeures auxquelles Candice DeLong a participé figure l’opération visant à arrêter Ted Kaczynski, surnommé l’Unabomber.

Cet ancien mathématicien a perpétré une série d’attentats aux États-Unis entre 1978 et 1995, ciblant des universités et des entreprises.

Son cas illustre bien le profil décrit par DeLong : un individu capable de planifier méthodiquement ses crimes sur une longue période, sans ressentir de culpabilité.

Son arrestation en 1996 a marqué l’une des enquêtes les plus complexes du FBI, où l’analyse comportementale a joué un rôle clé pour identifier l’auteur des lettres et colis piégés.

5

Dangerosité persistante

Candice DeLong met en garde contre une idée reçue selon laquelle les tueurs en série seraient des monstres incontrôlables, comme souvent dépeints dans la fiction.

En réalité, elle décrit le tueur moyen incarcéré comme une personne calme, rationnelle et même charmante en apparence.

Leur dangerosité ne vient pas d’une folie spectaculaire, mais d’une absence totale de culpabilité couplée à un apprentissage criminel.

Pour cette raison, elle estime que certains délinquants, même âgés, ne devraient jamais être libérés.

Leur risque de récidive reste élevé, car rien ne garantit qu’ils ne tueront pas à nouveau s’ils en ont l’occasion.

Leur dangerosité persiste donc bien au-delà de leur incarcération.

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