Guerre Russie-Ukraine : le front reste stable en juillet
Des frappes ukrainiennes et russes ont fait 14 morts, lundi..
En juillet 2026, la ligne de front entre la Russie et l'Ukraine est restée globalement stable, avec des avancées territoriales très limitées des deux côtés. Selon l'analyse de l'AFP basée sur les données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), l'armée russe n'a gagné que moins de 40 km² en un mois, après 30 km² en juin. Ces chiffres marquent un net ralentissement par rapport à juillet 2025, où Moscou avançait en moyenne de 405 km² par mois. Cette stagnation confirme la perte d'élan des troupes russes, qui peinent à progresser depuis fin 2025. L'ISW est un organisme indépendant spécialisé dans l'analyse des conflits, souvent cité pour ses évaluations neutres des situations militaires. Les gains russes se sont concentrés dans trois régions : Donetsk (est), Zaporijia (sud) et Soumy (nord-est), tandis que le front n'a pas bougé dans la région de Kharkiv (nord-est).
Pendant ce temps, l'armée ukrainienne a enregistré des gains modestes de 28,5 km² dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est), une tendance qui s'est amorcée en décembre 2025. Ces mouvements, bien que limités, montrent une capacité ukrainienne à reprendre du terrain, notamment dans des zones moins disputées. La Russie occupe actuellement un peu plus de 19 % du territoire ukrainien, dont 7 % en Crimée et dans le bassin industriel du Donbass, déjà sous contrôle russe ou de séparatistes pro-russes avant l'invasion de février 2022. Les gains territoriaux, même minimes, s'accompagnent toujours d'un coût humain élevé en vies militaires et civiles. L'ISW précise que ses estimations excluent les avancées revendiquées par la Russie mais non confirmées par ses experts, travaillant en collaboration avec le Critical Threats Project de l'American Enterprise Institute, un centre de réflexion américain.
Les attaques entre les deux pays se sont intensifiées en juillet, faisant 14 morts et des dizaines de blessés parmi les civils. Du côté russe, une frappe ukrainienne a tué 11 personnes en Crimée et dans la région de Krasnodar, une zone touristique de la mer Noire. Un drone ukrainien s'est écrasé sur une plage fréquentée à Arkhipo-Ossipovka, blessant une quarantaine de personnes, dont trois enfants. Les autorités russes ont qualifié cette attaque de délibérée contre des civils, bien qu'aucune infrastructure militaire n'ait été touchée. En Crimée, quatre autres civils ont péri, selon les autorités locales nommées par Moscou. De son côté, la Russie a mené une attaque dans le centre de l'Ukraine, tuant trois personnes, dont un enfant de 8 ans, près de Kryvyï Rig. Une station-service du groupe énergétique public Naftogaz a été touchée, faisant une victime parmi ses employés. Une autre frappe contre une infrastructure civile dans la région d'Odessa a blessé 13 personnes. Ces attaques illustrent l'escalade des violences contre les populations civiles, avec des victimes de plus en plus nombreuses ces derniers mois.
La guerre en Ukraine, qui dure depuis plus de quatre ans, voit ses dynamiques évoluer lentement. Après des avancées russes massives en 2022 et 2023, les deux camps peinent désormais à gagner du terrain, malgré des frappes ciblées et des pertes humaines importantes. La Crimée, annexée par la Russie en **2014**, reste une cible privilégiée des attaques ukrainiennes, visant à perturber la logistique des forces russes déployées dans le sud de l'Ukraine. Les frappes des deux côtés ciblent désormais davantage les infrastructures civiles, augmentant le nombre de victimes innocentes. Les régions de **Donetsk** et **Zaporijia**, déjà partiellement sous contrôle russe avant 2022, restent des zones de tension majeure. Cette stabilité relative du front contraste avec l'intensification des attaques hors des lignes de front, reflétant une stratégie de guerre où la pression psychologique et économique prend le pas sur les gains territoriaux.

