Des empereurs romains à Donald Trump : quand les dirigeants politiques se montrent dans les enceintes sportives
<hr> <p><strong>Conspué pendant la finale de la Coupe du monde et moqué ensuite sur les réseaux sociaux pour s’être attardé sur le podium, Donald Trump s’est placé sans le savoir dans la longue tradition des empereurs romains dont la présence et le comportement durant les grandes festivités organisées dans le gigantesque <em>Circus Maximus</em> étaient toujours guettés et parfois critiqués par leurs contemporains.</strong></p> <hr> <p>La présence de Donald Trump lors de la finale de la Coupe du monde de la FIFA le 19 juillet dernier au MetLife Stadium, près de New York, n’est pas passée inaperçue en raison des <a href="https://www.france24.com/fr/sports/20260720-donald-trump-l-ind%C3%A9sirable-siffl%C3%A9-lors-de-la-finale-du-mondial-aux-%C3%A9tats-unis">sifflets</a> qui ont retenti lors de son entrée sur la pelouse, sans oublier qu’à l’issue de la rencontre, <a href="https://information.tv5monde.com/sport/trump-prend-la-lumiere-avec-les-champions-du-monde-espagnols-malgre-les-siffl
Résumé
Dirigeants et enceintes sportives
La présence de dirigeants politiques lors d'événements sportifs majeurs, comme Donald Trump assistant à la finale de la Coupe du monde de football ou à un match de la NBA, n'est pas un phénomène récent.
Cette pratique s'inscrit dans une longue tradition remontant à l'Antiquité romaine, où les empereurs se montraient dans les enceintes sportives pour marquer leur pouvoir et leur proximité avec le peuple.
Ces événements, comme les courses de chars au Circus Maximus, étaient des moments clés pour observer les réactions du public et évaluer la popularité des dirigeants.
Les empereurs romains, tout comme les dirigeants modernes, devaient alors adapter leur comportement pour éviter les critiques ou les sifflets, tout en utilisant ces tribunes pour renforcer leur image publique.
Le Circus Maximus romain
Le Circus Maximus était le plus grand édifice de spectacle de l'Empire romain, situé entre les collines de l'Aventin et du Palatin à Rome.
Construit dès le VIe siècle av.
J.-C., il pouvait accueillir jusqu'à 250 000 spectateurs à partir du IIe siècle apr.
J.-C., soit trois fois la capacité du MetLife Stadium actuel.
Ce lieu accueillait principalement des courses de chars, mais aussi d'autres événements comme des chasses ou des célébrations impériales.
Contrairement aux combats de gladiateurs, qui se déroulaient dans des amphithéâtres comme le Colisée, les courses de chars nécessitaient une piste allongée, adaptée à la vitesse des attelages.
Les quatre factions rivales (Blancs, Verts, Rouges et Bleus) s'affrontaient lors de ces compétitions, souvent soutenues par les empereurs ou le public.
Comportements des empereurs
Les empereurs romains devaient adopter des comportements précis lors des jeux du cirque pour éviter les critiques.
Auguste (27 av.
J.-C.
- 14 apr.
J.-C.) montrait de l'intérêt pour les courses, contrairement à Jules César qui, selon les sources, passait son temps à lire ou répondre à des lettres.
D'autres empereurs, comme Caligula ou Lucius Verus, soutenaient ouvertement une faction, ce qui pouvait leur valoir des insultes ou des violences.
Par exemple, Lucius Verus fut insulté par des supporters de la faction bleue, tandis que Vitellius fit exécuter des spectateurs pour avoir critiqué sa faction favorite.
Néron (54-68) alla plus loin en conduisant lui-même un char, un acte unanimement critiqué car jugé indigne de sa dignité impériale.
Réactions du public romain
Le Circus Maximus était aussi un lieu où le peuple romain exprimait librement son opinion sur les dirigeants, qu'ils soient présents ou non.
Les spectateurs utilisaient divers moyens pour manifester leur mécontentement : applaudissements inattendus, silences prolongés, acclamations ambiguës envers un cocher, ou même huées et injures.
Parfois, ils demandaient à l'empereur d'affranchir un cocher talentueux.
Les réactions des empereurs variaient : certains punissaient sévèrement les critiques, tandis que d'autres, comme au IVe siècle, enregistraient systématiquement les acclamations pour évaluer leur popularité.
Cette liberté d'expression, bien que tolérée, permettait aux dirigeants de mesurer l'état de l'opinion publique.
Modèle d'Auguste et héritage
Le comportement d'Auguste au cirque est devenu un modèle à suivre pour les empereurs suivants : être présent, montrer de l'intérêt pour les compétitions et répondre aux demandes du public.
Cette attitude, empreinte de modération, a persisté jusqu'à la chute de l'Empire romain d'Occident au Ve siècle.
Même après cette période, des dirigeants comme le roi Théodoric (493-526) reconnaissaient que le cirque était un lieu où le peuple pouvait s'exprimer librement sans que cela soit considéré comme un outrage.
Cette tradition de tolérance envers les critiques publiques dans les enceintes sportives a traversé les siècles, influençant peut-être encore aujourd'hui la manière dont les dirigeants modernes interagissent avec le public lors d'événements sportifs.
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