Ordre public immatériel vs. État de droit
Depuis octobre 2023, préfets et ministres invoquent l'« ordre public immatériel » pour interdire des manifestations qui n'ont causé ni violence ni dégradation. Longtemps maniée avec parcimonie, la notion de dignité de la personne humaine devient l'arme d'un ordre où les pensées prêtées aux manifest…
Résumé
Nouvelle notion d'ordre public
Depuis octobre 2023, les autorités françaises (préfets et ministres) utilisent une nouvelle interprétation de l’ordre public appelée « ordre public immatériel ».
Cette notion va au-delà des troubles concrets (violences, dégradations) et inclut désormais des éléments subjectifs comme la dignité de la personne humaine, interprétée selon les valeurs morales ou politiques des gouvernants.
Par exemple, des manifestations pacifiques ont été interdites simplement parce que leur message était jugé incompatible avec les préférences idéologiques de l’administration, sans preuve de risque de troubles.
Cette approche élargit considérablement le pouvoir de police administrative, permettant d’interdire des rassemblements en se basant sur des pensées prêtées aux manifestants plutôt que sur des faits avérés.
Le philosophe Lucas Lévy-Lajeunesse souligne que cette dérive menace un principe fondamental : l’ordre public ne devrait servir qu’à garantir les libertés, et non à les restreindre sous couvert de morale.
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