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Colombie : qui a soutenu le nouveau président d’extrême-droite ?

France Culture - Savoirs· 7 août 2026
Colombie : qui a soutenu le nouveau président d’extrême-droite ?

Ce vendredi 7 août, Abelardo de la Espriella, avocat d'extrême droite surnommé "le Tigre", prend ses fonctions à Cali, dans un climat tendu. Soutenu par Trump, il rompt avec la "paix totale" de Petro. Avec Hugo Corten, doctorant en sciences politiques à l'ULB.

Résumé

1

Nouveau président colombien

Le 7 août 2026, Abelardo de la Espriella, un avocat colombien d’extrême droite surnommé "le Tigre", prend officiellement ses fonctions de président de la Colombie.

Il est élu face au candidat de la gauche, pourtant donné favori par les sondages.

Son élection marque une rupture radicale avec la politique de "paix totale" menée par son prédécesseur, Gustavo Petro, qui visait à négocier avec les groupes armés pour réduire les violences dans le pays.

De la Espriella, qui a choisi de prêter serment à Cali plutôt qu’à Bogota, la capitale, incarne une approche plus ferme et sécuritaire, promettant de lutter activement contre les extorsions et les groupes criminels.

2

Soutiens internationaux

Le nouveau président colombien bénéficie du soutien de Donald Trump, alors président des États-Unis.

Cette alliance avec les États-Unis s’inscrit dans une dynamique plus large, où De la Espriella se réclame également du style politique de Javier Milei, président argentin connu pour ses positions libérales et anti-étatistes.

Ce soutien international pourrait renforcer sa légitimité sur la scène mondiale, mais aussi influencer ses choix politiques internes, notamment en matière de sécurité et de relations avec les groupes armés.

3

Politique de fermeté

Abelardo de la Espriella promet une politique de fermeté envers les groupes armés, une réduction drastique de la taille de l’État et une décentralisation du pouvoir vers les régions colombiennes.

Cette approche vise à renforcer l’autorité locale, mais elle comporte un risque : celui de renforcer les clans locaux qui l’ont soutenu lors de son élection.

Ces clans, souvent liés à des intérêts économiques ou criminels, pourraient tirer profit de cette décentralisation pour consolider leur emprise sur certaines zones du pays, notamment dans les régions où la présence de l’État est historiquement faible.

4

Contexte sécuritaire tendu

La Colombie traverse une période de tensions sécuritaires, marquée par une hausse des extorsions et des violences perpétrées par des groupes armés.

La politique de "paix totale" de Gustavo Petro, qui consistait à dialoguer avec ces groupes pour réduire les conflits, est jugée inefficace par une partie de la population et des élites politiques.

De la Espriella propose une alternative radicale : une approche militaire et répressive pour rétablir l’ordre, ce qui pourrait soit apaiser les tensions, soit les aggraver selon les observateurs.

Son élection reflète donc un rejet de la politique précédente et une demande croissante de sécurité parmi les Colombiens.

5

Analyse d’un expert

Hugo Corten, doctorant en sciences politiques à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), analyse cette élection comme un tournant pour la Colombie.

Selon lui, la victoire de De la Espriella s’explique par un rejet des politiques traditionnelles et une volonté de changement radical.

Cependant, cette approche comporte des risques, notamment celui d’une fragmentation accrue du pays si les clans locaux renforcent leur pouvoir.

Corten souligne également que le soutien international, notamment américain, pourrait jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de cette nouvelle politique, mais aussi dans sa perception par les autres pays d’Amérique latine.

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