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CULTURE

Colombie : qui a soutenu le nouveau président d’extrême-droite ?

Source unique·il y a 1 j

L’élection d’Abelardo de la Espriella, avocat d’extrême droite surnommé « le Tigre », à la présidence colombienne marque une rupture radicale avec l’ère Petro. Dans un contexte de montée des violences et de rejet de la « paix totale », son ascension interroge les soutiens internationaux et les stratégies politiques qui ont permis cette victoire inattendue. Entre alignement sur les figures populistes latino-américaines et alliances locales troubles, cette transition pourrait redéfinir les équilibres géopolitiques et sécuritaires du pays.

Quels sont les principaux soutiens politiques et internationaux qui ont permis l’élection d’Abelardo de la Espriella ?

Son élection s’appuie sur un double ancrage : d’une part, un soutien explicite de Donald Trump, qui rompt avec la diplomatie progressiste des années Petro, et d’autre part, une inspiration revendiquée à Javier Milei, figure de l’extrême droite latino-américaine. Ces alliances internationales contrastent avec l’isolement relatif de la Colombie sous la présidence précédente, mais reflètent aussi une recomposition des alliances en Amérique latine.

En quoi la politique de « paix totale » de Gustavo Petro a-t-elle contribué à la défaite de son camp ?

Perçue comme inefficace face à la recrudescence des extorsions et des violences par les groupes armés, la stratégie de « paix totale » a été un point de rupture pour une partie de l’électorat. De la Espriella a capitalisé sur ce mécontentement en promettant une fermeté radicale, une réduction de l’État central et une décentralisation du pouvoir vers les régions, séduisant ainsi des clans locaux traditionnellement hostiles à Bogotá.

Pourquoi Abelardo de la Espriella a-t-il choisi de prêter serment à Cali plutôt qu’à Bogota ?

Ce choix symbolique de Cali, bastion conservateur et épicentre des tensions sécuritaires, s’inscrit dans une stratégie de légitimation régionale. En évitant la capitale, il envoie un message de rupture avec l’élite politique traditionnelle et renforce son ancrage auprès des acteurs locaux qui l’ont soutenu, au risque d’exacerber les fractures territoriales en Colombie.

Quels risques la décentralisation du pouvoir promise par de la Espriella fait-elle peser sur la stabilité colombienne ?

En transférant une partie du pouvoir aux régions, il pourrait renforcer l’influence des clans locaux et des groupes armés, déjà puissants dans certaines zones. Cette approche, bien que répondant à une demande de proximité, risque d’affaiblir l’autorité centrale et de fragmenter davantage le pays, surtout si les alliances avec ces acteurs s’avèrent opportunistes ou instables.

Ce que ça pourrait changer

Cette transition pourrait accélérer l’alignement de la Colombie sur les régimes populistes latino-américains, avec des conséquences sur ses relations avec les États-Unis et l’Union européenne. Sur le plan interne, la priorité donnée à la fermeté sécuritaire pourrait marginaliser les négociations avec les groupes armés, tandis que la décentralisation risque de creuser les inégalités territoriales et de fragiliser les institutions nationales.

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