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Les psychiatres veulent que la santé mentale soit une priorité électorale au Québec

ICI Radio-Canada· 5 août 2026
 Les psychiatres veulent que la santé mentale soit une priorité électorale au Québec

L'Association des médecins psychiatres du Québec réclame la nomination d'un ministre de la Santé mentale.

Résumé

1

Santé mentale priorité

L’Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ) alerte sur l’état préoccupant de la santé mentale dans la province, à quelques semaines du début de la campagne électorale provinciale de 2026.

Selon l’AMPQ, près d’une personne sur cinq au Québec souffre d’un trouble de santé mentale au cours de sa vie, un phénomène qui touche toutes les générations et tous les milieux.

La présidente de l’AMPQ, la Dre Claire Gamache, souligne que ces troubles sont désormais plus fréquents que rares, ce qui en fait un enjeu de société majeur.

L’association a donc interpellé les candidats et les élus pour que la santé mentale devienne une priorité électorale, en insistant sur la nécessité d’agir rapidement pour éviter une aggravation de la situation.

2

Six recommandations clés

Pour améliorer l’accès aux soins et prévenir les troubles mentaux, l’AMPQ a formulé six recommandations aux dirigeants politiques.

Parmi elles, la nomination d’un ministre dédié à la santé mentale, similaire aux ministres de l’Éducation ou de l’Enseignement supérieur, est considérée comme essentielle.

D’autres propositions incluent des mesures de prévention liées à l’itinérance, un fléau qui s’étend désormais bien au-delà de Montréal.

L’AMPQ a collaboré avec des organismes comme la Mission Old Brewery, qui soutient les personnes en situation d’itinérance ou à risque, pour élaborer ces suggestions.

La Dre Gamache explique que ces mesures permettraient de réduire les coûts à long terme en évitant des situations de détresse humaine et des hospitalisations coûteuses.

3

Crise de l'itinérance

La crise de l’itinérance au Québec n’est plus limitée à Montréal, mais s’étend à l’ensemble de la province.

Les troubles de santé mentale sont l’un des principaux facteurs contribuant à la perte de logement et à l’exclusion sociale, selon James Hughes, président de la Mission Old Brewery.

Ce dernier souligne que ces troubles doivent être traités comme un enjeu social prioritaire, car ils aggravent les situations de vulnérabilité.

L’AMPQ et ses partenaires communautaires insistent sur la nécessité de mettre en place des mesures préventives, notamment à la sortie des centres jeunesse, des hôpitaux psychiatriques et des milieux carcéraux, pour éviter que les personnes vulnérables ne se retrouvent sans abri.

4

Rôle d'un ministre dédié

La Dre Claire Gamache, présidente de l’AMPQ, défend l’idée de créer un poste de ministre responsable de la santé mentale.

Elle compare ce rôle à celui des ministres de l’Éducation ou de l’Enseignement supérieur, soulignant que la santé mentale mérite la même attention.

Ce ministre aurait pour mission de coordonner les efforts entre les différents secteurs (santé, éducation, justice) et de promouvoir des politiques préventives.

Selon elle, 50 % des consultations en médecine générale au Québec concernent des problèmes de santé mentale, ce qui montre l’ampleur des besoins.

Un leadership fort permettrait d’améliorer l’accès aux soins, de soutenir les professionnels de première ligne et de sensibiliser l’ensemble des ministères à l’importance de ces enjeux.

5

Réactions des partis politiques

Les partis politiques québécois ont réagi aux demandes de l’AMPQ, reconnaissant l’importance de la santé mentale comme enjeu électoral.

La première ministre Christine Fréchette a indiqué que son gouvernement considère l’itinérance et la santé mentale comme des priorités, sans préciser de mesures concrètes pour l’instant.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) propose de rendre la télésanté accessible à tous, ce qui faciliterait l’accès aux soins en santé mentale.

Québec solidaire (QS) met l’accent sur la prévention et une prise en charge plus rapide des patients, tandis que le Parti conservateur du Québec (PCQ) soutient certaines recommandations, comme la télémédecine, mais insiste sur l’intégration de la santé mentale et physique.

Le Parti québécois (PQ) n’a pas encore détaillé ses engagements.

6

Urgence chez les jeunes

La santé mentale des jeunes est un sujet particulièrement préoccupant.

Selon l’AMPQ, le taux d’hospitalisation pour tentative de suicide chez les filles âgées de 10 à 14 ans a triplé entre 2010 et 2023.

La porte-parole libérale en santé mentale, Élisabeth Prass, a souligné ce chiffre alarmant, plaidant pour des mesures ciblées.

Les partis politiques, notamment le PLQ et QS, ont réagi en proposant des solutions comme l’amélioration de l’accès à la télésanté ou des programmes de prévention.

Ces données illustrent l’urgence d’agir pour protéger les jeunes générations, dont la santé mentale est de plus en plus menacée.

7

Ressources d'aide disponibles

Face à la gravité de la situation, l’AMPQ rappelle l’existence de ressources d’aide accessibles en tout temps pour les personnes en détresse ou leurs proches.

Le numéro 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) permet de joindre des intervenants spécialisés par téléphone, texto (535353) ou clavardage via le site suicide.ca.

Ces services sont gratuits et confidentiels, offrant un soutien immédiat aux personnes confrontées à des pensées suicidaires ou à des difficultés psychologiques.

L’AMPQ encourage vivement à utiliser ces ressources, qui peuvent sauver des vies en attendant une prise en charge professionnelle.

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