BMW jette l’éponge : le rival du Mercedes Classe G ne verra jamais le jour
Le constructeur vient d'enterrer son grand projet de SUV baroudeur, le fameux rival du Mercedes Classe G. En cause, les grandes turbulences qu’il traverse sur les marchés mondiaux..
Le constructeur automobile allemand BMW a décidé d'abandonner le développement d'un nouveau SUV baroudeur, un véhicule tout-terrain de luxe conçu pour rivaliser avec le célèbre Mercedes Classe G et le Range Rover. Ce projet, connu en interne sous le nom de code G74, ne verra donc jamais le marché. La décision s'inscrit dans une stratégie plus large de recentrage sur des projets jugés plus rentables, alors que le groupe traverse une période difficile sur le plan économique et commercial. Cette annonce marque un tournant dans la politique d'innovation de BMW, qui privilégie désormais la prudence face aux incertitudes du marché mondial.
BMW fait face à une crise marquée par un ralentissement de la demande en Chine, l'un de ses principaux marchés, ainsi que par la concurrence accrue des constructeurs locaux. À cela s'ajoutent les taxes douanières américaines, qui renchérissent le coût des véhicules importés, et les exigences écologiques en Europe, qui imposent des normes strictes pour réduire les émissions de CO₂. Ces facteurs ont contribué à une baisse significative des marges bénéficiaires du groupe. En 2026, le chiffre d'affaires de BMW a reculé de 8 % pour atteindre 62,3 milliards d'euros, tandis que son bénéfice net a chuté de 28,5 % à 2,9 milliards d'euros. La marge opérationnelle, qui mesure la rentabilité des activités principales, est tombée à 2,3 %, un niveau historiquement bas.
Face à ces défis, BMW a adopté une approche plus rigoureuse en matière de gestion des projets. Milan Nedeljković, le nouveau patron de la marque, a décidé de privilégier les choix rentables et d'éviter les aventures risquées. Le groupe s'est fixé un objectif ambitieux : lancer 40 nouveautés ou versions restylées de ses modèles d'ici fin 2027. Cette concentration des efforts vise à optimiser les ressources et à réduire les risques financiers. Par ailleurs, BMW a revu à la baisse ses objectifs de rentabilité annuelle, qui sont désormais fixés entre 1 % et 3 %, contre des ambitions plus élevées auparavant. Une cure d'austérité a également été mise en place pour éliminer les projets secondaires ou trop coûteux.
Le projet G74, initialement imaginé comme un véhicule électrique basé sur la plateforme Neue Klasse, a connu plusieurs transformations avant d'être abandonné. À l'origine, l'idée était inspirée par le succès du pick-up Rivian, un constructeur américain spécialisé dans les véhicules électriques tout-terrain. Le concept a ensuite évolué vers un SUV 100 % électrique, mais a finalement été adapté pour fonctionner avec différentes motorisations : thermiques, hybrides rechargeables ou électriques. Cette polyvalence devait permettre au véhicule de s'adapter aux variations des marchés mondiaux. Cependant, la fabrication était initialement prévue aux États-Unis, avant d'être abandonnée en raison des contraintes économiques et logistiques.
BMW a tiré les leçons de ses précédents échecs commerciaux, notamment celui du modèle XM, un SUV hybride de 650 chevaux, dont les ventes se sont révélées décevantes. Le groupe a également connu des difficultés avec ses gammes dites GT, des véhicules haut de gamme qui n'ont pas rencontré le succès escompté. Ces expériences ont renforcé la prudence de BMW, qui préfère désormais éviter les projets trop ambitieux ou innovants dans un contexte économique incertain. Le constructeur mise sur des modèles plus conventionnels et des versions restylées pour assurer sa stabilité financière à court terme.
L'abandon du projet G74 illustre les défis auxquels sont confrontés les grands constructeurs automobiles européens, notamment face à la montée en puissance des constructeurs chinois et à la transition vers l'électrique. BMW, comme d'autres marques allemandes, doit concilier innovation, rentabilité et adaptation aux nouvelles réglementations environnementales. Cette situation reflète une tendance plus large dans le secteur, où les entreprises sont contraintes de faire des choix stratégiques pour survivre dans un marché en pleine mutation. L'industrie automobile traverse une période de turbulences industrielles, marquée par des investissements colossaux et des incertitudes économiques.

