Les fortes pluies font des ravages à L’Ascension, dans les Laurentides
Bitume arraché, routes affaissées et citoyens enclavés : la municipalité a déclaré l'état d'urgence..
La municipalité de L’Ascension, située dans les Hautes-Laurentides à environ 60 kilomètres au nord de Mont-Tremblant, a déclaré l’état d’urgence le 4 août 2026. Cette mesure exceptionnelle a été prise en raison des dégâts importants causés par des pluies diluviennes survenues au début de la semaine. Le village, qui compte environ 900 habitants, a subi des inondations, des glissements de terrain et des routes affaissées. Le maire, Jacques Allard, a souligné que ces intempéries ont provoqué une série de problèmes en cascade, notamment le débordement des sols et des lacs, ainsi que l’incapacité des systèmes de drainage à absorber l’excès d’eau. L’état d’urgence permet à la municipalité de mobiliser des ressources supplémentaires et de prioriser les interventions d’urgence pour limiter les risques pour la population.
Les fortes pluies, estimées à 105 millimètres en peu de temps, ont causé des dégâts considérables à L’Ascension et dans ses environs. Plusieurs routes ont été partiellement ou totalement fermées, notamment dans les municipalités voisines de La Macaza et de Rivière-Rouge. Un glissement de terrain spectaculaire s’est produit devant le garage municipal et la caserne de pompiers, illustrant la violence des intempéries. Des portions d’asphalte ont été arrachées, et des terrains ont cédé sous l’effet de l’érosion et du ruissellement. Les fossés et les ponceaux (petits ponts ou tunnels permettant le passage de l’eau sous une route) ont débordé, aggravant les inondations. Les inspecteurs du ministère des Transports ont dû fermer certains ponts jugés dangereux, tandis que la rivière Rouge, principale rivière de la région, est restée en crue pendant plusieurs jours.
Environ 50 résidents de L’Ascension sont restés enclavés après les intempéries, soit la moitié des 100 personnes initialement coupées du reste du village. Le maire Jacques Allard a expliqué que les habitants ont pu se coordonner pour venir en aide à leurs voisins grâce à leur connaissance des raccourcis locaux, facilitant ainsi les secours. Cependant, l’accès à l’électricité et à internet a été fortement perturbé, avec plus de 300 adresses privées de courant dans la région. L’alimentation en eau potable a également été interrompue dans un secteur du village. Ces coupures ont aggravé les difficultés des habitants, limitant leur capacité à communiquer ou à accéder à des services essentiels. La priorité actuelle est de rétablir ces infrastructures avant de pouvoir entamer les réparations des routes et des bâtiments endommagés.
Le maire Jacques Allard a qualifié ces dégâts de « véritable surprise », car la géographie locale, composée d’un plateau de sable, est généralement réputée pour permettre un ruissellement rapide de l’eau. Cependant, les sols saturés et les cours d’eau débordants ont révélé la fragilité de cette configuration. La pluie a miné les ponceaux et les fossés, entraînant une accumulation d’eau qui a aggravé les inondations. Environnement Canada a annoncé que la journée du 4 août serait ensoleillée, mais des précipitations supplémentaires étaient prévues pour le 7 août, ce qui a accru les craintes d’une aggravation de la situation. La stabilisation de la rivière Rouge reste une préoccupation majeure, car une nouvelle montée des eaux pourrait aggraver les dégâts existants.
La reconstruction de L’Ascension s’annonce coûteuse et longue. Le maire Jacques Allard a indiqué que la municipalité devrait contracter un emprunt important pour financer les réparations, mais il espère obtenir une aide financière du gouvernement du Québec pour rembourser cet emprunt. Les dégâts incluent non seulement les routes et les infrastructures, mais aussi des bâtiments endommagés par les glissements de terrain et les inondations. La priorité immédiate reste de rétablir les services essentiels (électricité, eau, internet) avant de pouvoir évaluer l’étendue totale des dommages. La solidarité entre habitants a joué un rôle clé dans la gestion de la crise, mais les autorités locales soulignent la nécessité d’un soutien extérieur pour faire face à l’ampleur des travaux à venir.

