Droit de vote des étrangers: autopsie de la plus célèbre promesse manquée de la gauche
Promesse phare de François Mitterrand en 1981, le droit de vote des étrangers aux élections locales a longtemps servi de produit d'appel électoral. Radiographie d'un reniement stratégique, de la séduction des mouvements sociaux aux années 1990 face à la montée de l'extrême droite.
Résumé
Origine de la promesse
En 1972, le Parti socialiste (PS) intègre dans son programme Changer la vie la promesse d’accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales.
Cette idée émerge dans un contexte où l’immigration en France devient plus sédentaire, avec des travailleurs étrangers s’installant durablement.
Le PS, alors en quête de nouveaux relais électoraux, s’appuie sur les revendications portées par des associations comme la Fédération des associations de soutien aux travailleurs immigrés (Fasti) ou la Ligue des droits de l’homme (LDH), ainsi que par des syndicats comme la CFDT.
Ces acteurs défendent une approche culturelle de l’immigration, au-delà des seules questions économiques.
La promesse est aussi un moyen pour le PS de se différencier de son partenaire communiste, le Parti communiste français (PCF), qui privilégie alors des droits d’expression et d’organisation plutôt que le vote.
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