L’intelligence artificielle séduit des courtiers immobiliers
Des courtiers immobiliers utilisent l'IA pour meubler des appartements et attirer des acheteurs..
Des courtiers immobiliers au Québec, comme Alexandre Tazi du Groupe immobilier Londono ou Younes El Moustir de RE/MAX, utilisent désormais l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer la présentation des logements en vente ou en location. Cette technologie permet de meubler virtuellement des pièces vides, évitant ainsi les coûts élevés liés à la location de meubles ou à l’embauche de graphistes, qui peuvent atteindre quelques milliers de dollars. L’objectif est de rendre les annonces plus attrayantes pour les acheteurs ou locataires potentiels, en leur offrant une vision plus concrète de l’espace. Cependant, les professionnels insistent sur la nécessité de superviser les résultats générés par l’IA pour garantir leur réalisme. Par exemple, il faut éviter que l’IA propose un lit king dans une chambre trop petite, ce qui tromperait les clients.
Les courtiers immobiliers québécois doivent respecter des règles strictes en matière de transparence lorsqu’ils utilisent l’IA pour modifier des photos de biens. L’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ), qui encadre la profession, rappelle que les modifications ne doivent pas induire en erreur. Par exemple, ajouter une fenêtre inexistante ou un étage supplémentaire est considéré comme une fausse représentation, ce qui est interdit. Les courtiers sont tenus d’indiquer clairement que les photos ont été modifiées par l’IA et de fournir les images originales pour permettre une comparaison. Cette pratique vise à éviter que les acheteurs ou locataires ne se déplacent pour rien, comme le souligne Louis Beauchamp, vice-président communications à l’OACIQ.
Au Québec, le cadre juridique actuel protège déjà les acheteurs contre les annonces trompeuses, même lorsqu’elles sont générées par l’IA. Vincent Gautrais, professeur de droit à l’Université de Montréal, explique que les recours pour les individus lésés restent limités, car il est difficile de prouver qu’une annonce modifiée par l’IA a causé un préjudice sérieux. Selon lui, les dommages se limitent souvent à un simple déplacement inutile pour visiter un logement qui ne correspond pas à la description. Le professeur souligne que les lois québécoises suffisent à encadrer cette pratique, contrairement à d’autres régions comme les États-Unis, où des législations plus strictes sont en cours d’adoption.
Alors que le Québec mise sur l’autorégulation et la transparence, d’autres régions comme la Californie ou New York adoptent des lois plus contraignantes pour encadrer l’utilisation de l’IA dans l’immobilier. Depuis le *1er janvier 2026*, la Californie oblige les courtiers à indiquer clairement qu’une photo a été modifiée par l’IA et à rendre disponibles les images originales. De son côté, New York envisage une législation similaire pour rendre obligatoire la divulgation des photos générées par l’IA. Ces mesures visent à protéger les consommateurs contre les pratiques trompeuses, un enjeu qui prend de l’ampleur avec l’essor des technologies d’IA dans le secteur immobilier.

