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Après les incendies : qui s'occupe de nos forêts ?

France Culture - Savoirs· 5 août 2026
Après les incendies : qui s'occupe de nos forêts ?

D'après le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, 119 000 hectares de forêt ont été parcourus par les incendies depuis le début de l'année 2026. Après les incendies, qui s’occupe donc de nos forêts ?

Résumé

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Bilan des incendies 2026

Depuis le début de l'année 2026, près de 119 000 hectares de forêts françaises ont été ravagés par des incendies.

Ce chiffre, avancé par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, illustre l'ampleur des dégâts causés par les méga-feux, des incendies d'une intensité exceptionnelle.

Ces catastrophes naturelles sont aggravées par des canicules historiques depuis juin 2026, avec des températures et une sécheresse record qui transforment les milieux forestiers en poudre à canon.

Les experts soulignent que ces événements, autrefois rares, deviennent de plus en plus fréquents en raison du réchauffement climatique.

La France, comme d'autres pays méditerranéens, est particulièrement touchée, avec des régions comme la Gironde ou les Landes en première ligne.

Ces incendies ne détruisent pas seulement des paysages : ils menacent aussi la biodiversité, les écosystèmes et les populations locales.

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Gestion des forêts en France

En France, la gestion des forêts est partagée entre deux réalités opposées.

D'un côté, 25 % des forêts sont publiques, gérées par un acteur unique : l'Office National des Forêts (ONF), un établissement public créé en 1964.

De l'autre, 75 % des forêts (soit environ 3,5 millions de propriétaires) sont privées, morcelées entre des milliers de particuliers, de communes ou d'investisseurs.

Cette division pose un défi majeur pour une gestion cohérente et durable.

L'ONF, dirigé par Régine Touffait, a pour mission de concilier exploitation économique (bois, loisirs) et préservation écologique.

Cependant, face à l'urgence climatique, cette organisation traditionnelle est remise en question, car elle ne permet pas toujours une adaptation rapide aux nouveaux risques comme les incendies ou la sécheresse.

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Historique de la gestion forestière

La gestion des forêts en France s'inscrit dans une histoire longue et complexe.

Daniel Perron, juriste et historien du droit, explique que cette organisation remonte au Moyen Âge, avec des règles strictes pour protéger les forêts royales.

Au XIXe siècle, sous Napoléon III, une loi de 1827 a structuré la gestion forestière moderne, en distinguant forêts publiques et privées.

Cette loi a aussi créé l'ONF, dont les missions ont évolué : d'abord axées sur la production de bois, elles intègrent aujourd'hui la protection des écosystèmes et l'adaptation au changement climatique.

Cette histoire explique pourquoi la France a une tradition forestière forte, mais aussi pourquoi les réformes actuelles sont difficiles à mettre en œuvre, tant les habitudes et les intérêts sont ancrés.

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Rôle de l'État et défis actuels

Face à l'augmentation des incendies et aux nouvelles menaces climatiques, l'État tente de repenser la gestion forestière.

Arthur Guérin-Turcq, géographe à Sorbonne-Université, souligne que les politiques publiques doivent désormais intégrer des enjeux comme la résilience des forêts ou la prévention des risques.

L'État peut agir via des subventions, des réglementations ou des plans d'aménagement, mais son action est limitée par la fragmentation de la propriété forestière.

Les experts interrogés insistent sur la nécessité de mieux coordonner les acteurs : propriétaires privés, collectivités locales, ONF et services de l'État.

Cependant, les solutions prennent du temps à se concrétiser, alors que les incendies s'intensifient.

La question centrale reste : comment concilier exploitation économique, préservation de la biodiversité et adaptation au réchauffement climatique ?

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Solutions pour l'avenir

Plusieurs pistes sont évoquées pour adapter les forêts françaises aux défis climatiques.

D'abord, une meilleure gestion des peuplements forestiers : favoriser des espèces plus résistantes à la sécheresse, comme le chêne-liège ou le pin maritime, et diversifier les arbres pour éviter les monocultures vulnérables.

Ensuite, renforcer la prévention : débroussaillage, création de coupures de végétation ou surveillance accrue.

L'ONF et les collectivités locales multiplient les campagnes de sensibilisation auprès des propriétaires privés.

Enfin, des projets de reboisement avec des essences adaptées aux climats futurs sont en cours, mais leur succès dépendra de financements publics et privés.

L'enjeu n'est plus seulement de sauver les forêts, mais de les rendre capables de survivre dans un environnement de plus en plus hostile.

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