Dieu contre « le bon diable » : retour sur les récents discours théologico-politiques au Cameroun
L’ESSENTIEL Au Cameroun, la campagne présidentielle de 2025 s’est jouée en partie dans les églises. La défection d’Issa Tchiroma, ancien fidèle du clan présidentiel, a suscité l’espoir des opposants à Paul Biya. Natif du Nord, région défavorisée du Cameroun, Tchiroma a notamment été affublé du sobr…
Résumé
Campagne électorale théologique
La campagne présidentielle camerounaise de 2025 s’est distinguée par l’utilisation de discours mêlant religion et politique.
Deux événements marquants illustrent cette tendance : d’une part, une homélie de l’évêque de Yagoua, monseigneur Barthélemy Yaouda Hourgo, le 1er janvier 2025, où il a souhaité que « le diable prenne d’abord le pouvoir au Cameroun » pour mettre fin aux souffrances de la population.
D’autre part, la candidature d’Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre proche du pouvoir, qui a quitté le camp présidentiel pour se présenter contre Paul Biya.
Ce dernier, 92 ans, brigue un huitième mandat après 42 ans au pouvoir.
Les réseaux sociaux et les médias ont rapidement surnommé Tchiroma le « bon diable », perçu comme une figure providentielle capable de défier Biya.
Cette campagne s’est donc jouée en partie en « langue théologique », avec des références constantes à Dieu, au diable et à la providence pour justifier les positions politiques.
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