La Fourmi n'est pas prêteuse
Le patrimoine financier des ménages a largement pour contrepartie les dettes de l'État et des ménages eux-mêmes. La dette rend l'épargne possible et non l'inverse – et l'on peut craindre que les emprunteurs, hier trop rares, soient aujourd'hui trop nombreux.
Résumé
Deux visions de la dette
L’article présente deux approches opposées pour comprendre la dette publique et l’épargne.
La première, traditionnelle, considère que l’épargne est une ressource rare que les États ou les entreprises se disputent, ce qui pousse les taux d’intérêt à la hausse et justifie une discipline budgétaire stricte.
La seconde, défendue par Anton Brender, ancien directeur du CEPII, part du principe que l’épargne est abondante et que son accumulation dépend de la capacité d’autres agents à s’endetter.
Selon cette vision, l’épargne mondiale se dirige vers ceux qui peuvent l’emprunter, comme les États-Unis, qui absorbent une part croissante des excédents d’épargne mondiale.
Brender s’appuie sur le concept de global saving glut (excès mondial d’épargne), formulé en 2005 par Ben Bernanke, pour expliquer comment cet excès comprime les taux d’intérêt et pousse les capitaux vers les pays emprunteurs.
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