« Ce fut un long parcours » : Joshua Kutryk, bientôt le prochain Canadien dans l’espace
Il sera le premier Canadien à participer à une mission commerciale vers la Station spatiale internationale..
Joshua Kutryk est un astronaute canadien de 44 ans originaire de l’Alberta. Ingénieur de formation, il a d’abord servi comme pilote de chasse dans l’Aviation royale canadienne, participant à des missions en Libye et en Afghanistan. Son parcours vers l’espace a été long : il a grandi dans une ferme bovine avant de devenir astronaute. Il s’apprête à partir pour une mission de six mois à bord de la Station spatiale internationale (SSI) à l’automne 2026. Kutryk sera le quatrième Canadien à effectuer un long séjour dans l’espace, après David Saint-Jacques (2018-2019). Il exprime une grande fierté de représenter le Canada dans cette mission, soulignant l’importance de porter l’écusson national et de contribuer aux avancées scientifiques.
Joshua Kutryk participera à la mission Crew-13, organisée par la NASA en collaboration avec l’entreprise privée SpaceX d’Elon Musk. Cette mission marque un tournant : il s’agira du premier vol habité commercial vers la SSI pour un astronaute canadien. Le décollage est prévu au plus tôt le 12 septembre 2026 depuis le centre spatial Kennedy en Floride, à bord d’une capsule Crew Dragon de SpaceX. Kutryk sera accompagné de trois autres astronautes : l’Américaine Jessica Watkins (commandante), l’Américain Luke Delaney (pilote) et le Russe Sergueï Teteriatnikov (spécialiste de mission). Leur rôle principal sera d’assurer la maintenance de la SSI et de mener des expériences scientifiques, tout en remplaçant l’équipage de Crew-12, présent dans la station depuis février 2026.
La mission de Kutryk coïncide avec un événement familial important : sa femme doit accoucher de leur troisième enfant pendant son séjour dans l’espace. Bien que cette situation soit inhabituelle, l’Agence spatiale canadienne (ASC) a mis en place un soutien spécifique pour permettre à Kutryk de se concentrer sur ses tâches. Une équipe dédiée veille à ce que sa famille reçoive l’accompagnement nécessaire. Kutryk a exprimé son enthousiasme pour cette mission, tout en reconnaissant les défis émotionnels liés à l’éloignement. Il a également évoqué l’idée que son écusson de mission, orné de trois étoiles symbolisant sa famille, pourrait être modifié si un quatrième enfant naissait pendant son absence.
À bord de la SSI, Kutryk participera à une série d’expériences scientifiques visant à étudier les effets de l’environnement spatial sur le corps humain. Ces recherches portent notamment sur le système cardiovasculaire, les muscles, l’orientation spatiale et la santé mentale. L’objectif est de mieux comprendre le vieillissement accéléré en microgravité, où le corps humain subit des transformations comparables à celles observées sur Terre avec le temps. Ces données seront utiles pour les futures missions spatiales, mais aussi pour des applications médicales terrestres. Kutryk, qualifié en robotique et en sorties extravéhiculaires, apportera son expertise à ces projets.
La mission Crew-13 revêt une dimension particulière car la SSI doit cesser ses activités vers 2030. Kutryk pourrait ainsi devenir le dernier Canadien à bord de ce laboratoire orbital. Cependant, il reste possible que la station soit prolongée au-delà de cette date. La fin de la SSI est prévue pour 2031, mais son arrêt définitif dépendra de décisions politiques et techniques. Kutryk a évoqué l’importance de maximiser les opportunités scientifiques avant la fermeture, tout en espérant que d’autres astronautes canadiens puissent y participer par la suite. Pour marquer ce moment, il emportera une montre de poche familiale, symbole de son héritage ukrainien et canadien.
La mission Crew-13 illustre la coopération entre plusieurs agences spatiales. Outre la NASA et SpaceX, l’équipage inclut un cosmonaute russe, Sergueï Teteriatnikov, reflétant la collaboration continue entre les États-Unis et la Russie dans le domaine spatial, malgré les tensions géopolitiques. À bord de la SSI, les astronautes travailleront aux côtés d’autres membres d’équipage, dont les Russes Pyotr Dubrov et Anna Kikina, arrivés en juillet 2026 via une navette **Soyouz**. Cette diversité souligne l’importance des partenariats internationaux pour maintenir la présence humaine dans l’espace.

